Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les Américains sont entrés en guerre le 6 avril 1917. Ils ne seront engagés sur le terrain qu’en novembre de la même année.

Le mardi 28 mai 1918, cette amitié est évoquée dans le travail des élèves de M Beluche par ce sujet de rédaction : « Vous avez pour correspondant un jeune américain qui vous a demandé de lui décrire votre village. Vous lui indiquez les principaux traits de la physionomie du village que vous habitez. »

La guerre à l'école - 1918 - 3

« Champagney le 28-5-18

Cher camarade,

Puisque vous le désirez, je vais vous faire connaître mon village, du mieux que je pourrai.

C’est un bourg de l’Est de la France, faisant partie du département de la Haute-Saône, assis au pied des derniers contrefort des Vosges, ces montagnes aux magnifiques forêts de sapins, aux ballons très curieux et d’où la vue s’étend infiniment loin, aux belles chutes d’eau et aux lacs admirés de tous les touristes.

Son nom est Champagney. Il doit son importance à la voie ferrée de Paris-Belfort que le traverse. Cette voie passe au nord, au pied d’une chaîne de collines boisées. De la portière du train, les voyageurs découvrent un paysage vraiment remarquable. C’est d’abord, au pied du talus de chemin de fer, une prairie assez étendue où les faucheurs, l’été, à grands coups réguliers de faux, couchent sur les prés, une belle herbe de fleurs qui exhalent une odeur grisant les milliers d’insectes qui s’ébattent dans l’air. Puis, d’un coup, tout disparaît dans un nuage de poussière que soulève une automobile lancée à toute vitesse.

Plus haut, alors c’est le village, entièrement formé de maisons de paysans, groupées sur le bord des rues souvent tortueuses et silencieuses. Puis, au centre, l’église aux murs sombres dont le clocher pointu domine haut le village et troue parfois, les nuages orageux.

Au milieu du village, coule un cours d’eau torrentueux bordé de grands arbres où des corbeaux se balancent sur les petites branches en lançant à toute volée leurs croassements lugubres. Des enfants sont assis sur le bord et pêchent les petits poissons qui s’ébattent dans l’eau bruyante. D’autres poursuivent un papillon aux vivent couleurs. D’autres encore se baignent dans les eaux fraîches de la rivière qui met en mouvement la grosse roue du moulin. Tout autour du village, c’est un véritable dédale de coteaux dorés par les moissons presque mûres.

Enfin au loin, entre quelque forêt, on aperçoit les premières maisons des hameaux éloignés du village.

Je crois avoir fini de vous faire connaître les signes principaux de notre village aussi je vous quitte en vous serrant une cordiale poignée de main. »

La guerre à l'école - 1918 - 3

La journée de notre élève - René Lamboley - avait été dense avec ce programme :

Instruction civique : administration intérieure

Arithmétique : révision

Dessin

Calcul

Opérations problèmes

Soir

Géographie : Amérique

Sciences : familles de plantes

Dictée : La petite ville (M Barrès) Questions

Elle s'était donc terminée par cette rédaction  qui présente à un ami imaginaire d'outre-Atlantique, un Champagney bucolique épargné par la guerre ...

 

La guerre à l'école - 1918 - 3
Tag(s) : #Guerre de 1914-1918