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Voici un nouveau travail de l'élève René Lamboley de l'école de Champagney. Il s'agit d'une dictée datée du 18 novembre 1917.

Ce même jour, il y eut le matin une leçon d’instruction civique – le citoyen et l’égalité -, une de géométrie sur les triangles, du dessin, des problèmes ; le « soir », une leçon de géographie – les cinq parties du monde -, une autre consacrée au tube digestif, la dictée (zéro faute) et ses questions puis, pour terminer la journée, une rédaction.

Pour découvrir toute la série utiliser, en bas de la page, le lien "La guerre à l'école".

Archives familiales - reproduction photographique, document Mozer.

Archives familiales - reproduction photographique, document Mozer.

L’avion

 

J’observe, jumelles aux yeux, un avion français qui monte vers les hauteurs célestes, par-dessus les lignes françaises. C’est un monoplan ; il semble  déjà fort élevé, à plus de mille mètres, probablement plus de quinze cents. Voilà qu’il ne monte plus. On dirait qu’il plane quelque temps sans presque bouler. Puis il avance horizontalement, sans hâte, vers les lignes ennemies. Soudain, dans la même région que l’oiseau de guerre, mais loin de lui, paraît-il, une boule de fumée blanche, une grosse boule ouatée, apparaît en plein ciel et, deux ou trois secondes après, une détonation se fait entendre. Les Allemands ont tiré sur l’avion français. L’avion, imperturbable continue sa route aérienne. Autre boule blanche, un peu plus près ; une autre encore qui double presque la première. Elles vont surgir deux par deux, désormais, dans les nuées bleuâtres. Le tir, trop court, jusqu’ici, devient long tout à coup, mais beaucoup trop long, on a la sensation charmante que l’avion français ne risque rien. Il vire d’ailleurs brusquement, revient sur nos lignes dirait-on, toujours sans hâte, d’une allure de promenade, puis il reprend sa direction vers les lignes allemandes et s’en approche de plus en plus, tout en montant de plus en plus haut. Comme au hasard, les boules blanches, continuent à ouater le crépuscule dans la région où l’oiseau, imperturbable n’est déjà plus depuis longtemps.

 

Marcel Prévôt

Archives familiales

Archives familiales

Ce texte de l’académicien Marcel Prévôt est tout aussi surréaliste que celui de son collègue Henri Lavedan (voir la guerre à l’école 8), il donne presque envie de devenir aviateur. L’effet doit être immédiat sur l’imaginaire des écoliers, pour preuve ce dessin réalisé par notre élève René sur une page de l’un de ses cahiers : un joli portrait de René Fonck, l’un des « as des as » de la Première Guerre mondiale avec 75 victoires officiellement homologuées.

René Lamboley doué aussi en dessin ...

René Lamboley doué aussi en dessin ...

La guerre à l'école - 1917 - 9
La guerre à l'école - 1917 - 9
La guerre à l'école - 1917 - 9
Tag(s) : #Guerre de 1914-1918