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Voici un nouveau travail de l'élève René Lamboley de l'école de Champagney. Il s'agit d'une dictée datée du mardi mardi 2 octobre 1917, un texte assez étrange - sans auteur signalé - , intitulé La guerre au bord de l’eau.

Pour découvrir toute la série utiliser, en bas de la page, le lien "La guerre à l'école".

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La guerre au bord de l’eau

 

Dans d’affreux dédale des défenses avancées d’une ville souvent bombardée, de celle, sans doute qui l’a été et qui l’est encore avec plus de persistance, les détours des tranchées conduisent à un poste ingénieusement dissimulé. On y accède en soulevant un morceau de vieille toile qui est censée garantir le téléphoniste et les hommes qui l’occupent contre d’implacables courants d’air. Ce n’est en effet un abri que de trois côtés. En face de l’entrée le poste plonge sur la rivière dont les eaux profondes souvent rapides coulent sous cette sorte de niche établie sur l’étroite berge et la battent avec un incessant petit clapotis.

 

L’autre bord est à nous mais la berge fait un léger coude dans la direction de l’ennemi, surveillée par nos guetteurs. Ce qu’ils ont sous les yeux de ce côté, c’est un coin de paysage qui n’est pas sans grâce avec ses rides délicatement découpées, ses bouquets d’arbres, ses horizons, ses collines et tout près un lavoir rustique. Mais un paysage de France peut-il garder tout son charme quand on le sait souillé par la présence des Allemands ?

Ce lavoir qui faisait penser aux « Chansons des rues et des bois » marque la limite de ses positions et il nous semble maintenant hostile et plein de pièges. Les heures sont lentes à passer et les nuits sont dures. Malgré l’habitude, ceux qui sont là ont fréquemment  l’hallucination d’un bruit de rame et cette obsession est fatigante. Des hommes du régiment prussien qui se trouve en face des lignes françaises n’ont pourtant essayé qu’une fois d’une reconnaissance en bateau et cette tentative leur a si mal réussi qu’ils n’ont pas songé à la renouveler ; mais les bruits mystérieux de l’obscurité donnent volontiers l’illusion de ce glissement de barque. Les yeux et les oreilles n’en sont plus que sévèrement aux aguets. Au matin, les brouillards glacés de la rivière enveloppent le poste de leur opacité soudain traversée par quelques éclairs, suivis de détonations dont l’écho se répercute longuement.

Le texte original de cette dictée suivie de ses questions
Le texte original de cette dictée suivie de ses questions
Le texte original de cette dictée suivie de ses questions
Le texte original de cette dictée suivie de ses questions
Le texte original de cette dictée suivie de ses questions

Le texte original de cette dictée suivie de ses questions

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Un abri français au Vieil Armand (16-07-14)

Un abri français au Vieil Armand (16-07-14)

Tag(s) : #Guerre de 1914-1918