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Voici un nouveau travail de l'élève René Lamboley de l'école de Champagney. Il s'agit d'une dictée datée du mardi premier juillet 1919, un texte assez touffu - sans auteur signalé - , intitulé "La France de 1914".

Après recherches, l'auteur en est Ernest Lavisse et cette dictée est un extrait d'un long texte au patriotisme exalté où l'auteur réécrit l'histoire à sa façon qui est aussi celle de l'époque ...

Cinq exercices de calcul, la dictée et ses questions ainsi qu'une rédaction en ce premier jour de juillet.

Pour découvrir toute la série utiliser, en bas de la page, le lien "La guerre à l'école".

La guerre à l'école - 18 - 1919
La guerre à l'école - 18 - 1919

Mardi 1er juillet 1919

 

Dictée

 

La France de 1914

 

Jamais, jamais, je n’ai douté de la France ! Jamais je n’ai cru ce qu’elle disait d’elle-même et, sous tant d’apparences vilaines, je sentais vivre son âme immortelle et en vérité, en vérité, l’âme de la France ne peut mourir. Mais la foi des patriotes en notre France, notre espoir en nous-mêmes n’eussent osé prévoir ce que nous avons vu, ce que nous voyons ; les rassemblements autour des affiches annonçant la mobilisation. Les premiers qui les avaient lues, portant la nouvelle de seuil en seuil, une émotion grave et tout de suite une allégresse, les « Quand pars-tu ? Où vas-tu ? » partout échangés, la course aux préparatifs, les premiers départs, les larmes des femmes, mais de femmes dont pas une n’eût voulu retenir le fils ou le mari qui s’en allait au péril de la mort ; et cette exactitude, cet ordre, cette ponctualité, ces petits ruisseaux d’hommes partis des hameaux, des villages et des villes qui se réunissent en rivières et ces rivières qui confluent vers un fleuve et l’atteignent au point nommé, à l’heure dite, et ce fleuve qui roule son flot énorme superbe et tranquille, cette discipline, ce consentement à tout commandement donné, l’obéissance offerte avant qu’on la demande, pas de mouvements désordonnés, pas de cris, à peine des chants, le renoncement aux bavardages de presse et nous qui, au temps de César, arrêtions les voyageurs aux carrefours des chemins pour avoir des nouvelles, nous contentant de celles qu’on nous donne d’une main prudemment avare, l’un vers elle confiance et bien plus, et bien même la merveille de ces jours, merveille à en pleurer, toutes ces barrières intérieures, les tempéraments divers de nos Patries et la diversité de nos sentiments et de nos passions, ces barrières , tout d’un coup, à la minutes, à la seconde effondrées dans le sol et, seule visible, la frontière de la France.

La phrase continue ainsi :

"la même attitude, les mêmes physionomies, la même âme à Marseille et à Dunkerque, à Bordeaux et à Nancy toutes les Frances, France des croisades, France de Bouvines, France de Rocroi, France de Valmy, France d'Austerlitz, France de la fleur de lys et du drapeau blanc, France de l'aigle ou du coq et du drapeau tricolore, France du bonnet phrygien et du drapeau rouge, mêlées, confondues. Oui, merveille à en pleurer de joie et d'orgueil. "

 

La dictée et ses questions sur le document original
La dictée et ses questions sur le document original
La dictée et ses questions sur le document original
La dictée et ses questions sur le document original

La dictée et ses questions sur le document original

La guerre à l'école - 18 - 1919
Tag(s) : #Guerre de 1914-1918