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Champagney - les pompiers autrefois

Jadis, parmi les fléaux qui pouvaient frapper le monde paysan,  le plus redouté était l’incendie. Parmi ses causes se trouve la négligence et les fumeurs sont les responsables les plus visés. Mais les imprudences pouvaient être multiples : ici un charretier ayant allumé un feu sur un champ laisse échapper des étincelles qui ne demandent qu’à propager l’incendie sur les meules voisines, là un domestique fait chuter une lanterne … la malchance s’ajoute quand la foudre s’abat sur les bâtiments en chaume. Accidentel ou volontaire, le feu trouve dans la paille, le bois, le chaume des combustibles puissants.

Le feu pouvait aussi être causé par l’imprudence des enfants qu’on laisse jouer avec des allumettes chimiques.

En 1831, le Français Sauria améliore les allumettes inflammables par friction inventées en 1827. Elles pouvaient s’enflammer par un simple frottement sur une surface rugueuse. On considère qu’elles contribuèrent à l’augmentation du nombre de fumeurs et sans doute des incendies. L’allumette de sûreté est inventée en 1844, la « sûreté » provenant du fait qu’elle nécessitait un grattoir spécial.

L’entraide est inscrite dans les esprits comme un réflexe. On accourt du village, mais aussi des environs : le tocsin sonne, les flammes et la fumée se voient souvent de loin. Sur les lieux, chacun s’active, les habitants connaissent les gestes qui sauvent : faire sortir le bétail quitte à éventrer un mur, évacuer les meubles de la maison et les mettre à l’abri dans un champ, poser des draps humides sur les toits de paille ou sacrifier la toiture afin d’éviter la communication du feu à tout l’édifice. Malheureusement, la destruction de l’habitation est souvent complète.

Champagney - les pompiers autrefois

Des incendies

Les incendies de maisons sont largement présents dans les registres de délibérations du conseil municipal de Champagney

Le 16 juin 1839 le conseil municipal de Champagney vote une aide de 300 francs « pour venir au secours du sieur Laine, incendié le 14 mai dernier et dont la maison n’était pas assurée […] considérant que le sieur Laine est un probe et honnête homme qui a toujours été malheureux … »

A la date du 23 février 1840, on peut lire : « … La maison du sieur Jacques André, cultivateur et fermier de la commune, a été la proie des flammes le 16 février courant et qu’il réclamait l’indemnité qui jusqu’alors a été accordée aux habitants pauvres qui ont été incendiés. Le Conseil municipal considérant que le sieur Jacques André est un pauvre fermier de la commune, qui toujours a peiné pour élever sa famille en bas-âge, vote la somme de 330 francs … »

Le 31 décembre 1845 : «  …les maisons des sieurs Joseph Guillaume et Joseph Taiclet, journaliers domiciliés à Champagney, ont été la proie des flammes la première le 30 juillet et la seconde le 5 décembre… ». 120 francs sont accordés à Guillaume et 300 francs à Taiclet «  … pour venir au secours de ces malheureux.»

Le 9 mai 1847, on parle de l’incendie dont a été victime Jean-Baptiste Rapp, journalier. Sa maison «  … a été la proie des flammes le 19 avril dernier. » Il obtient 200 francs.

Le 3 octobre 1847, c’est la maison communale «  … sise sur le champ de foire détruite par l’incendie du 21 au 22 septembre dernier… »  Il est question de  «… rétabli cette maison qui pourra à l’instant même fournir à la commune un revenu de près de 600 francs … ». Il faut savoir que la place du village était plus vaste que de nos jours puisque l’école du centre date de 1907 et qu’auparavant l’espace qu’elle occupe était libre. Cependant il y avait une maison qui appartenait à la commune au bord de la route, après la boulangerie, maison qui sera démolie en 1960.

Le 2 septembre 1849 on parle de la reconstruction de cette maison alors incendiée, le nouveau bâtiment sera situé sur un autre endroit de la place publique, l’architecte sera Mougenot et l’augmentation de la dépense est évaluée à  5770 francs. Est-ce à cet emplacement que se trouvait la maison communale dont on parle en 1849 ?

10 février 1850 - Toujours sur le même sujet : «  … la commune avait projet de construire sur cette place un bâtiment propre à recevoir la gendarmerie […] (en attente) la commune ne possédait pas de ressources suffisantes pour cette construction, depuis cette époque les débris de l’incendie sont restés sur place […] il importe e faire enlever les débris pour mettre la place de foire dans un état praticable […] faire enlever ces matériaux immédiatement par les ouvriers peu aisés de la commune … »

La somme de 250 francs est votée et on déclare qu’après ces travaux le champ de foire devra être mis en adjudication publique pour trois années

Le 3 septembre 1854, on évoque la demande faite le  30 juin par Antoine Valquevisse, journalier, qui le 30 mai dernier a été victime d’un incendie « qui a réduit sa petite maison en cendres et dans lequel il perdit tout son petit avoir » […]  « en conséquence il (le maire) a proposé au Conseil d’indemniser le réclamans pour le mettre dans une position à même de se reconstruire un petit logemens. » Il recevra 160 francs.

La maison d’Auguste Botey, journalier au Magny, brûle le 13 décembre 1854. Il recevra également 160 francs (délibération du 18 janvier 1855).

Antoine Bruey est aussi victime d’un incendie «  … a besoin de secours pour lui aider à relever sa maison d’habitation … ». Ce secours sera de 200 francs (délibération 12 août 1861).

La veuve Taiclet Jean François dont le mari a péri accidentellement dans des travaux de mine – incendie de 1862 – a vu sa maison détruite par le feu : «  … cette veuve ne peut plus reconstruire sur les vestiges de sa maison comprise dans le tracé d’alignement, qu’elle se trouve obligée de démolir entièrement pour emporter ses matériaux à un endroit où elle pourra bâtir, qu’il y a donc lieu de proportionner l’indemnité à accorder à la pente et aux frais incombant à ladite veuve Taiclet … ». Elle touchera 250 francs d’indemnité (délibération du 8 février 1863).

Antoine Auguste Lacour, manouvrier et Jean-François Michel Laurency, charbonnier « indigents de la commune viennent d’être incendiés, qu’ils ont perdu dans ce sinistre tout ou partie de leurs ressources… » Lacour obtiendra 50 francs, Laurency 200 francs « dont les pertes sont plus grandes » (délibération du 8 novembre 1863).

« Le conseil prenant en considération la malheureuse position du sieur Lambelin Joseph incendié, père de 6 petits enfants, lui vote à titre de secours la somme de 250 francs. » (délibération du 8 mai 1864).

Joseph et Ignace Burcey et Victor Stainmaisse du Magny sont, eux aussi, les victimes d’un incendie « qui a consumé leur maison d’habitation avec tout le mobilier et denrées qu’elle contenait … ». La somme de 500 francs sera répartie à « égales parts » (délibération du 4 novembre 1864).

Le 18 juin 1865 sont votées les sommes suivantes :

  • 50 francs aux incendiés de Morteau
  • 50 francs à l’incendié Kienner Jean-Baptiste du Pied-des-Côtes
  • 100 francs à l’incendié Voisin François du Ban
  • 100 francs à l’incendié Stainmesse Victor du Magny
  • 200 francs à l’incendié Burcey Joseph dit Gegin du Magny «  qui a prouvé de nombreuses pertes »

Les époux Chipeaux François du Ban voient leur maison détruite par le feu. L’incendie «  … qui vient de réduire en cendres leur maison d’habitation et leur mobilier… » Ils obtiennent   200 francs «  … en considération de leur grand âge, des pertes que leur a fait éprouver un premier incendie il y a quelques années, des malheurs qui ont sévi sur cette malheureuse famille et une reconnaissance des services qu’a rendu a la commune le sieur Chippeaux en qualité de garde-champêtre … » (délibération du 30 mai 1869).

Le 14 juillet 1869, 100 francs sont attribués comme  « … secours aux filles Grimer Victor du Magny incendiées qui ont perdu absolument tout ce qu’elles possédaient, en considération de leur complet état d’indigence et pour leur aider à rebâtir un asile et à se procurer le mobilier et les effets les plus indispensables … »

Le 13 février 1870 on débat d’une demande de Xavier Bruey de Frahier «  … dans le but d’obtenir des secours pour l’aider à se relever du malheur qu’il vient d’éprouver par suite d’un incendie qui a réduit en cendres sa maison d’habitation et son petit mobilier, il y a quelques jours … » 25 francs sont accordés parce qu’il «  … qu’il appartient par sa famille à la commune de Champagney, qu’il y a donc lieu d’avoir pour lui des égards … »

41,10 francs sont votés : «  … Pour payer les dépenses qui ont été faites lors de l’incendie qui a détruit le moulin Bourquin et un tas énorme d’écorces, en distribuant quelques rafraîchissement et de la nourriture aux personnes accourues des communes voisines et en occupant 5 travailleurs à éteindre le brasier qui pouvait être jeté d’un seul coup au milieu du Magny … » (délibération du 4 mai 1873) .

Le 7 février 1875 «  … Le sieur Ribaud journalier sollicite un secours extraordinaire pour avoir été incendié […] plusieurs membres du conseil font connaître qu’il n’y a pas nécessité d’accorder un secours au sieur Ribaud parce qu’il se refuse à faire tout travail qui pourrait lui faire gagner sa vie … »

Justin Tourdot dit Basta au Ban voit sa maison incendiée. On lui accorde les matériaux provenant de la baraque des bûcherons de la coupe exercice 1878 (délibération du 9 novembre 1879).

100 francs sont versés à Chippeaux Joseph dont la maison a été incendiée le 23 mai 1893 (délibération du 25 juin 1893).

Le 14 juin 1894 on parle de « l’autorisation de reconstruire la ferme du Chérimont incendiée en avril dernier. »

 

 

Champagney - les pompiers autrefois

Des pompiers

Il y avait une compagnie de sapeurs pompiers avant 1840 puisqu’on lit, dans les délibérations du conseil municipal,  à la date du 8 mai 1840 :

« Le maire a exposé au conseil que depuis quelques années la compagnie de sapeurs pompiers de la commune de Champagney n’apporte plus à son institution le zèle qu’elle devrait que même elle est en quelque sorte dissoute […]  propose qu’il soit procédé à sa réorganisation, dans le temps cette compagnie a été habillée aux frais de la commune, que des sapeurs pompiers ont rendu leurs habits qui ensuite ont été déposés dans les chambres de la maison commune et mangés par les bêtes. »

Le sujet est encore traité le 8 janvier 1841 : « … Vu l’utilité d’une bonne organisation de la compagnie de sapeurs pompiers, propose de rééquiper et d’habiller celle de Champagney  […]  faire rentrer les anciens effets délivrés avant 1830, (une commission) fera une estimation des dégradations survenues aux anciens effets ainsi que des objets qui devront être fournis à neuf. » Puis on ne parle plus de la compagnie jusqu’en 1896.  Le 26 janvier 1896 le conseil municipal demande la création d’une subdivision de sapeurs pompiers ? Le conseil […] s’engage :

« 1 - A fournir tout le matériel nécessaire au cas où celui existant ne serait pas suffisant ; la commune dispose actuellement de 5 pompes dont 2 pour le village et 3 pour les sections.

2 -  A subvenir pendant 5 ans à toutes les dépenses énumérées à l’article 29 du décret du 29 Xbre 1875 comprenant frais d’habillement etc … […] La commune ne pouvant faire un traitement fixe aux sapeurs pompiers, le conseil demande que les hommes en faisant partie soient exonérés de la taxe des prestations et que le bois d’affouage leur soit délivré gratuitement […].

M le Maire et Hambert, conseiller, feront partie de la commission qui sera appelée à prononcer l’admission des sapeurs pompiers. »

On ne reparle de la compagnie – a-t-elle été créée ? – qu’en 1868 puisque Le 2 août, on «  … vote la somme de 800 francs pour le remplacement et la récupération du matériel et pour l’habillement des hommes choisis et désignés pour le service des pompes … »

Enfin le 26 mai 1901 «  Le Conseil municipal demande la restitution immédiate des pompes à la commune, la section de sapeurs pompiers n’existant plus dans la commune. »

Champagney - les pompiers autrefois

Du matériel

Qu’il y ait ou non une compagnie de sapeurs pompiers, il faut du matériel pour  lutter contre les incendies. Ce sujet est récurrent dans les délibérations du conseil municipal

Le 1er février 1841 on y parle d’un vol d’ustensiles des pompes ainsi que de sabres de la garde nationale dans le bâtiment des pompes.

Le 9 août 1846

« … Les tuyaux des pompes à incendie étant entièrement usés, il est d’un grand intérêt d’en faire fabriquer de nouveaux, qu’ils devront être en cuir de bonne qualité et cloués. ». 200 francs sont votés pour l’achat de 50 pièces de corps en cuir.

Le 18 juillet 1857

95 francs sont destinés à la réparation et à l’entretien des pompes à incendie au sieur Sreck, serrurier à Champagney ainsi que 86 francs  «  …  au sieur Mange, bourrelier à Champagney, pour frais de réparation faites à 86 seaux à incendie … »

Le 4 mai 1862

50 francs sont votés au sieur Robert, fondeur et constructeur de pompes à Lure qui a Visité à deux reprises les pompes à incendie et réparer  la pompe du presbytère.

Le 17 mai 1863

La réparation aux pompes à incendie et la fourniture de boyaux a coûté 46,50 francs

Le 7 août 1864

«  … la pompe sur la place publique doit être entièrement réparée, que chaque année on dépense en réparation une forte somme et que malgré cela elle ne fonctionne pas régulièrement, qu’il y a lieu d’en construire une solide que les enfants ne pourraient abîmer … » Coût estimé à 250 francs.

Le 2 août 1868

«  … sur le mauvais état et l’insuffisance des objets formant les accessoires des pompes à incendie et le besoin d’organiser une petite compagnie de sapeurs pompiers, vote la somme de 800 francs pour le remplacement et la récupération du matériel et pour l’habillement des hommes choisis et désignés pour le service des pompes … »

Le 7 février 1869

Une pompe à incendie avec ses accessoires pour Eboulet revient à 600 francs «  … Cette section qui, il y a quelques temps ne comptait que quelques maisons s’agrandit chaque année par la construction de nouvelles habitations … »

Le 13 février 1870

1000 francs sont destinés à l’achat de deux pompes, une pour le Magny, l’autre pour le Pied-des-Côtes «  … afin de leur (à ces hameaux) permettre d’arrêter les progrès de l’incendie ou de l’étouffer au début. »

Le 12 février 1875

Le sieur Robert reçoit 47,10 francs car il a fait des réparations aux pompes à incendie

Le 16 décembre 1877

80 francs sont votés pour indemniser le sieur Didier Joseph d’Eboulet des frais d’entretien de la pompe à incendie de ce hameau.

Le 26 octobre 1882

Une petite pompe à incendie destinée au Pied-des-Côtes coûte 700 francs.

Le 1er décembre 1895

1200 francs sont versés à M Boutifoulier de Besançon pour la fourniture d’une pompe à incendie et ses accessoires.

Le 24 mai 1896

Le même fournisseur de Besançon reçoit la somme de 12039,80 francs pour une autre pompe à incendie et ses accessoires.

Le 16 décembre 1896

On lui paie 12,20 francs la fourniture d’huile à graisser les boyaux des pompes à incendie

Le 9 mai 1897

257,50 francs sont payés à M Hambert Jules pour des réparations faites aux pompes à incendie, à l’horloge et aux cloches.

Champagney - les pompiers autrefois

Une remise des pompes

Il y a donc du matériel pour combattre les incendies à Champagney et il faut le mettre à l’abri. Le sujet est évoqué à plusieurs reprises dans les délibérations du conseil municipal.

Le 7 mai 1854

« … le hangar dressé au bâtimens de la maison commune au nord-est qui sert de dépôt aux deux pompes à incendie et à leurs accessoirs est trop petit  pour sa destination puisque l’on ne peut y déposer les échelles et crochets destinés aux travaux dans les incendies, que ces objets ont toujours été exposés à l’intempérie des saisons qui les détériore dans peu de temps, qu’aujourd’hui ces objets sont pourris et dépouillés de leurs ferrements qui ont été volés tandis qu’ils seraient en très bon état s’ils avaient été renfermés.

Que d’ailleurs ce bâtiment est impropre à sa destination par sa position très humide et nuisible aux pompes et à leurs accessoires et nuit aussi au bâtiment des instituteurs où il cause de l’humidité, que la commune fait faire chaque année pour les prestataires indigents des massues, brouettes et scies qui ne peuvent être renfermées faute de place, sont mises chez l’un et l’autre des particuliers de la commune qui les emploient nécessairement pour leur usage et presque toujours ne les rendent plus, soit parce qu’ils les ont usés, soit sous prétexte qu’ils ne leur en a point été déposés, que tous ces objets pourraient être réunis et renfermés dans le bâtiment des pompes s’il était assez vaste … »

Projet d’un bâtiment « … qui pourrait être construit au bout méridional du champ de foire, contre le jardin des instituteurs et à la construction duquel seraient employés les matériaux du petit bâtiment actuel … »

Un crédit provisoire de 1500 francs est voté.

Le 8 février 1855

L’architecte Colard de Lure a établi le devis et les plans pour la construction remise pour les pompes à incendie. 3200 francs sont votés

«  … pour cette construction sous conditions que l’ancienne remise sera démolie pour les matériaux provenant des démolitions être cédés à l’entrepreneur […]  et que la maçonnerie de moellons sera exécutée en moellons extraits sur le territoire de Champagney ce qui réduirait le coût de la construction projetée … »

Le 9 novembre 1856

Un état est fourni par le sieur Manhal (Manal) entrepreneur de travaux publics à Lure. La construction pas été faite dans le délai fixé par la commune qui abandonne le projet. On vote 657,76 francs pour l’entrepreneur. Puis les années passent et l’on reparle de constructions mais pour les hameaux.

Le 9 février 1868

200 francs sont votés «  … pour la construction d’une remise pour la pompe à incendie du Ban qui lorsqu’elle encombre les habitations est poussée devant la porte où elle séjourne une grande partie de l’année … »

Le 16 septembre 1873

80 francs sont votés «  … pour la construction d’une remise des pompes au Magny … » La pompe à incendie du Magny était jusqu’alors remisée dans la grange d’un particulier «  … où elle se remplissait de poussière et se détériorait… »

 

 

 

 

Champagney - les pompiers autrefois

L'histoire de la compagnie

1900-1950

Les pompiers de Champagney vers 1950. Photo prise devant l’école au centre De gauche à droite Debout : André Démésy, Gabriel Charpin, Jean Lemercier, Jean Lugbull, René Peroz, Marcel Bouteiller, « Tino » Bruey, Gaston Didier, Roger Cadet, Charles Wissler, « Dédé » Pautot, Henri Peroz « Tchauvey », Georges Démésy Devant : Tournier, Peroz, ?, ?, Robert Maréchal, Petitgérard, René Piguet

Les pompiers de Champagney vers 1950. Photo prise devant l’école au centre De gauche à droite Debout : André Démésy, Gabriel Charpin, Jean Lemercier, Jean Lugbull, René Peroz, Marcel Bouteiller, « Tino » Bruey, Gaston Didier, Roger Cadet, Charles Wissler, « Dédé » Pautot, Henri Peroz « Tchauvey », Georges Démésy Devant : Tournier, Peroz, ?, ?, Robert Maréchal, Petitgérard, René Piguet

 

Avant 1929, Champagney ne disposait que de quelques pompes à bras réparties entre le Centre et les Hameaux et, en cas d’incendie, cela se passait tragiquement : comme dans les temps plus anciens, la maison brûlait entièrement. Ce fut le cas, par exemple, pour la maison Jeanblanc au Mont‑de‑Serre qu’un sinistre détruisit en 1913 ( Cette même maison brûlera le 18 juin 1940 suite aux combats qui eurent lieu à l’arrivée des Allemands. Voir les articles sur l’arrivée des Allemands à Champagney en 1940) et, au Magny, pour la maison Burcey en 1918. Le temps de sortir la pompe remisée à l’école du Magny, pourtant toute proche, et de s’apercevoir que les tuyaux étaient percés, le feu, là encore, accomplit rapidement sa triste besogne.

 

En 1911, un petit local est construit au centre pour abriter les pompes à incendie ainsi que le corbillard. Ce local servait aussi d’atelier de distillation. Il fallait alors sortir la funèbre carriole.

A la fin des années vingt, on faisait appel aux pompiers de Ronchamp qu’il fallait alors dédommager pour leur déplacement. C’est le six juin 1927 que le conseil municipal de Champagney discute enfin de la création d’une compagnie de sapeurs pompiers. Mais en vain. Il faut attendre l’élection de Henri Roth, en mai 1929, pour que le projet aboutisse.

En septembre 1929, le nouveau conseil décide l’acquisition d’une motopompe à moteur à essence avec ses accessoires. Les pourparlers ont lieu avec la société De Dion Bouton et une subvention est sollicitée. C’est le deux novembre que les conseillers décident la création de la compagnie : «  … appel pour former une équipe technique pour l’entretien et la manœuvre du matériel dont l’acquisition est décidée à des ouvriers aptes par leur profession, tels que ferblantier, menuisier, mécanicien, garagiste etc … Il sera en outre demandé aux industriels de désigner dans leur personnel deux personnes pouvant également contribuer à assurer le fonctionnement de la pompe et de son matériel. Cette délibération est complétée par une autre du 14 décembre qui budgétise le projet ainsi : 23 000 francs pour la constitution d’une compagnie de soixante‑et‑un hommes et 5000 francs pour son entretien.

La compagnie des sapeurs-pompiers le 3 avril 1951 lors de la remise de la Légion d’honneur au curé Jeanblanc. On reconnaît au 1er rang – de gauche à droite – Henri Peroz « Tchauvey » (moustache), Edouard Jacquot (au drapeau), Eugène Couturier « Piton » et le chef Arthur Wissler (lunettes). Au 2ème rang : Henri Syriès, Gaston Didier, Mathey, Charles Wissler, Serge Méchinaud. Dans l’assistance : à gauche de Henri Peroz, Jeanne Berli, la bonne du Curé. Adroite Mme Campredon (en noir , derrière elle Lucien Millotte puis Gaston Thomassey. Au premier plan, à droite, la fillette est Nicole Grandjean (Aptel).

La compagnie des sapeurs-pompiers le 3 avril 1951 lors de la remise de la Légion d’honneur au curé Jeanblanc. On reconnaît au 1er rang – de gauche à droite – Henri Peroz « Tchauvey » (moustache), Edouard Jacquot (au drapeau), Eugène Couturier « Piton » et le chef Arthur Wissler (lunettes). Au 2ème rang : Henri Syriès, Gaston Didier, Mathey, Charles Wissler, Serge Méchinaud. Dans l’assistance : à gauche de Henri Peroz, Jeanne Berli, la bonne du Curé. Adroite Mme Campredon (en noir , derrière elle Lucien Millotte puis Gaston Thomassey. Au premier plan, à droite, la fillette est Nicole Grandjean (Aptel).

Le maire, comme prévu, sollicite les chefs d’entreprises Corbin, Dorget ainsi que la direction des Houillères de Ronchamp en leur demandant de désigner chacun deux ouvriers spécialisés, puis il organise une réunion en mairie afin d’étoffer ce noyau de six hommes. Ainsi fut fait et la compagnie d’origine est rapidement constituée comprenant alors : deux pelotons de quatorze hommes chacun, une équipe technique de treize hommes, une clique forte de treize musiciens et un encadrement composé du capitaine Marius Hoffmann, du sergent‑major Emile Zeller, du sergent‑fourrier Marc Hamann et des lieutenants Gaston Didier, Philippe Hoffmann et Arthur Wissler, soit une soixantaine de pompiers. Marius Delors et Charles Luxeuil sont à la tête de la clique.

Marius Hoffmann restera capitaine de la compagnie jusqu’en 1932. A cette date lui succède Edmond Wissler dit « Arthur », puis Gaston Didier en 1954. En 1959, Charles Wissler prend le commandement du groupe jusqu’en 1961, puis André Vitali jusqu’en 1977. En 1978, le lieutenant Roger Cadet devient le chef de ce corps jusqu’en 1990. A cette date le commandement est confié au lieutenant Jean Luc Dalval.

 

On fait rapidement des essais avec la motopompe neuve et ses cinquante mètres de tuyaux à la drague du Magny et au mois de mars 1930, 10 000 francs sont encore investis en matériel. En mai de la même année, la nouvelle compagnie participe au concours fédéral de sapeurs pompiers organisé à Conflans sur Lanterne.

 

Fin 1936 est décidée l’acquisition d’une sirène et la construction d’un séchoir pour les tuyaux de toile. En mai 1938, Champagney organise l’assemblée générale des sapeurs pompiers de Haute‑Saône.

 

Le 27 avril 1940, devant le risque accru d’incendies dû à l’état de guerre et l’effectif des corps de sapeurs pompiers ayant réduit considérablement du fait de la mobilisation, le sous‑préfet propose une association entre les communes de Champagney, Plancher‑lesMines, Plancher‑Bas et Fresse. (Il faut alors cinq hommes par pompe, plus un chauffeur).

En 1940, une douzaine de pompiers de Champagney est mobilisée sur place pour accueillir les réfugiés. Ces hommes dépendent directement du préfet. Finalement, en juin, le groupe quitte le village à vélo. Arrivés à Lons‑le‑Saunier, ils rencontrent les envahisseurs qui les renvoient à Champagney. Nos pompiers seront alors, sur ordre des Allemands, occupés à des tâches de surveillance : trains bloqués sur la voie, usine Dorget ... (voir à ce sujet et sur l’action des pompiers en 1944, les chapitres sur la guerre et les combats de la Libération).

A la fin de la guerre Arthur Wissler réclame aux Allemands une motopompe Delahaye de 60 à 100 M3 sur laquelle ceux‑ci avaient fait main basse. Assaillis, à cette date par d’autres soucis, ils la cèdent sans faire de difficultés. Mimi Kibler garnit alors de pneus ses roues en bois. A la même époque, la compagnie s’enrichit d’un GMC et d’un dodge provenant des stocks américains et qui, repeints en rouge, débuteront une nouvelle carrière qui durera plusieurs dizaines d’années.

 

En 1948, se pose à nouveau le problème de l’agrandissement de la remise des pompes. Un premier projet d’avril 1949, dû à Monsieur Agullo, dont le coût est jugé exagéré, est refusé. On demande alors à Monsieur Quiévreux de plancher sur le sujet. Mais la période n’est guère propice aux grands investissements et il faudra patienter.

Les uniformes des pompiers, détruits durant la guerre, sont remplacés en 1949 et financés par les crédits de dommages de guerre. Le quinze janvier 1950 Champagney est classé centre de secours, un véhicule lui est attribué pour cette occasion. Au mois de mars, des extincteurs et des ceinturons sont acquis et, le 27 août, le projet d’agrandissement de la remise est enfin accepté.

1953, le jour de la Sainte-Barbe devant l’hôtel du commerce en travaux. De gauche à droite 1er rang : Picard, Bernard Valquevis, Pierre Tourdot, Serge Graffe 2ème rang : André Graffe, Crevoisier, Serge Lamboley, Denis Peroz, Roger Cadet, « Dédéé Pautot, Hozotte (lunettes), Eugène Boisot, Lucien Mathey 3ème rang : Georges Démésy, Charles Wissler, Gaston Didier, Picard, Edouard Jacquot (drapeau), jean Lemercier (caché en partie), Pierre Lamboley A gauche du pilier : Couturier et Abel Castel Entre les piliers : Couturier, Gilbert Couturier, Gabriel Charpin, Joseph Piguet, Henri Syriès, Serge Syriès, Jean Lugbull, Serge Méchinaud A droite du pilier : Gaston Perret, Désingle, Raymond Mathey

1953, le jour de la Sainte-Barbe devant l’hôtel du commerce en travaux. De gauche à droite 1er rang : Picard, Bernard Valquevis, Pierre Tourdot, Serge Graffe 2ème rang : André Graffe, Crevoisier, Serge Lamboley, Denis Peroz, Roger Cadet, « Dédéé Pautot, Hozotte (lunettes), Eugène Boisot, Lucien Mathey 3ème rang : Georges Démésy, Charles Wissler, Gaston Didier, Picard, Edouard Jacquot (drapeau), jean Lemercier (caché en partie), Pierre Lamboley A gauche du pilier : Couturier et Abel Castel Entre les piliers : Couturier, Gilbert Couturier, Gabriel Charpin, Joseph Piguet, Henri Syriès, Serge Syriès, Jean Lugbull, Serge Méchinaud A droite du pilier : Gaston Perret, Désingle, Raymond Mathey

A la cérémonie anniversaire de la Libération du 19 novembre 1950, la médaille de bronze est remise à la compagnie pour son comportement durant la triste période des bombardements de 1944 et plusieurs hommes reçoivent la médaille d’honneur à titre individuel.

En avril 1952, la mairie fait l’acquisition d’une pompe à incendie de 30 m³ et l’année suivante a le projet d’aménager un séchoir sur le pignon de l’école maternelle. Il est alors prévu de démolir l’ancien. Au mois de mai de la même année, le centre est doté d’une autre motopompe et toutes les autres pompes à incendie hors d’usage et datant de plus de dix ans sont vendues à un ferrailleur.

En matière de lutte contre le feu, les temps anciens, ceux des pompes à bras, désormais révolus, semblent de la préhistoire. En ce début des années cinquante, la compagnie est en plein développement. Les pompiers ont prouvé (et la guerre est passée par là) que s’ils étaient des bénévoles, donc des citoyens ordinaires, ils devaient néanmoins avoir des compétences pointues en de multiples domaines et besoin d’utiliser un matériel en permanence performant et moderne.

 

Henri Roth est le premier a l’avoir compris, il faut lui en savoir gré, les élus qui lui succéderont reprendront ce flambeau jusqu’à notre époque où « servir » frise le professionnalisme.

 

 

Le même jour – Sainte-Barbe 1953 – à l’hôtel du Commerce. De gauche à droite : Charles Wissler, le maire Jules Taiclet, le commandant Clerc de Vesoul, Gaston Didier. Debout, au centre : M Brochot, le receveur des PTT

Le même jour – Sainte-Barbe 1953 – à l’hôtel du Commerce. De gauche à droite : Charles Wissler, le maire Jules Taiclet, le commandant Clerc de Vesoul, Gaston Didier. Debout, au centre : M Brochot, le receveur des PTT

Dans les années cinquante, le docteur Maulini, avec à gauche deux pompiers de Champagney : René Piguet et Charles Wissler.

Dans les années cinquante, le docteur Maulini, avec à gauche deux pompiers de Champagney : René Piguet et Charles Wissler.

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