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Un élu d’autrefois

Le maire Jules Décey

Voici une série de portraits de maires d’une époque où, si les élus n’étaient pas des techniciens, voire des professionnels, ils étaient souvent des figures locales à la personnalité forte. Certains sont tombés dans l’oubli, d’autres ont largement marqué l’histoire de Champagney. Retour au début du XXème siècle avec le maire Jules Décey.

« Un bureau de vote en 1891 », tableau d'Alfred Bramtot

« Un bureau de vote en 1891 », tableau d'Alfred Bramtot

A la fin du XIXème siècle dernier, le maire de Champagney est Jules Pezet (1853‑1937) élu en mai 1896 à l’âge de quarante-trois ans. À l’époque les élections municipales avaient lieu tous les quatre ans. Jules Pezet est réélu en mai 1900, mais des problèmes de gestion l’obligent à démissionner avant le terme de son mandat. C’est son premier adjoint Jules Piguet (1863‑1931) qui assure l’intérim de septembre 1903 jusqu’à la date normale des élections suivantes qui ont lieu en mai 1904.

À cette occasion, Jules Piguet constitue une liste et se présente. Il est alors battu par l’équipe conduite par Jules Décey (1846‑1933) qui est donc élu pour la première fois maire de Champagney.

Cet instituteur à la retraite, alors âgé de cinquante-huit ans, sera réélu en 1908, puis en 1912. C’est un homme de stature moyenne qui porte le faux-col ainsi que l’incontournable moustache de l’époque. Il a marqué de son énergie et de ses idéaux républicains la gestion communale. Par ses trois mandats successifs, puis par son importante œuvre dans le domaine scolaire : la construction de deux écoles (l’école des filles au Centre en 1907 et celle de La Piotnaz en 1912) et l’agrandissement de l’école d’Eboulet en 1905. Jules Décey lance encore le programme d’électrification du village commençant par le Centre en saisissant l’opportunité de la présence du génie de Gustave Lods, le meunier.

Ces élus sont de gauche, " rouges " en cette première décennie du XXème siècle, socialistes, puis SFIO et radicaux plus tard. La République fille de 1789 est leur régime et la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat les réjouit. Il ne tient qu’à un fil que le curé Parisot ne soit mis dehors.

Malheureusement, maire pendant les turbulences de la guerre de 14-18, ère des restrictions et des réquisitions, Jules Décey fera inévitablement des mécontents, le premier magistrat devant trancher, prendre des décisions contrariant tel ou tel (pourquoi prendre ma vache et pas celle du voisin ?). Conscient de la chose, il ne se représentera pas une nouvelle fois après la guerre. Il faut dire qu’au sortir du conflit c’est un homme âgé qui aspire vraisemblablement à un repos largement mérité.

Cet homme actif descendait au Centre tous les matins, faisant une halte au café Grisey (Macapoix) à la gare où l’attendait « Le Petit Journal ». Lié à l’Inspecteur d’Académie Hodin, il restera toujours sensible à tout ce qui concernait l’école, son sujet de prédilection. Longtemps, il gardera l’habitude de s’accouder à la barrière de l’école du Magny absorbé par le spectacle des enfants en récréation (Il habitait, juste en face de l’école, la maison reprise bien plus tard par Eugène Coppey. )

Sur cette photo de l’école du Magny, on connaît tous les personnages. De gauche à droite : M Drozier (qui tenait le tabac au centre) discute avec le maire, Jules Décey (ils sont devant la maison de celui-ci), Lucie Martin, Henriette Mathey (avec le vélo), Enzo Fiori, Mme Fiori, M Fiori qui tient Aline dans ses bras et à droite, en route pour le bassin, Mme Minoti et sa fille.

Sur cette photo de l’école du Magny, on connaît tous les personnages. De gauche à droite : M Drozier (qui tenait le tabac au centre) discute avec le maire, Jules Décey (ils sont devant la maison de celui-ci), Lucie Martin, Henriette Mathey (avec le vélo), Enzo Fiori, Mme Fiori, M Fiori qui tient Aline dans ses bras et à droite, en route pour le bassin, Mme Minoti et sa fille.

Des élus « de gauche »

Les registres de délibérations du conseil municipal sont parsemés d’indices allant dans ce sens. Ainsi en mars 1937, les conseillers votent la somme de 500 francs pour la mairie de Lille qui lance alors une souscription dans le but d’ériger un monument à la mémoire de son ancien maire Roger Salengro (maire de l’époque : Jules Taiclet).

Le 17 janvier 1947, l’assemblée municipale décide d’adresser « ses sympathies au citoyen Vincent Auriol, Président de la république (socialiste qui fut ministre des finances du Front‑Populaire en 1936‑37) (maire de l’époque : Henri Roth).

Le 9 septembre 1951, elle demande le maintien du vieux principe républicain : « À l’école publique, subventions publiques ; À l’école privée subventions privées. » (maire de l’époque : Jules Taiclet).

élus d'autrefois - Champagney - 1 -
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Tag(s) : #Histoire locale