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20 novembre 2016

Anniversaire de la mort de Diego Brosset

 

Chers amis,

Cette cérémonie à la mémoire du général Brosset revêt un caractère particulier puisque notre ami Henri Pesenti est mort. Le Général de Gaulle écrivait après la mort de Brosset : «  …. le général Brosset était mon bon compagnon, mon ami … », je peux en dire tout autant de Henri Pesenti, il fut mon  ami, il fut notre ami. Nous lui devons beaucoup. Sous le commandement de son chef vénéré, il nous a libéré, mais comme le destin a voulu qu’il survive à la guerre, il est devenu un témoin au premier sens du terme : c’est à dire qu’il a raconté ce qu’il a vécu avec la double volonté de dire la vérité et de rendre hommage à ceux qui n’en sont pas revenus et tout particulièrement à son chef, le Général Brosset.

Henri Pesenti s’était engagé lors de la libération de son Village, Borey, en septembre 1944.  Il avait alors 19 ans. Il sera voltigeur au  Bataillon de Marche 21. Il était Chevalier de la Légion d’Honneur, détenteur de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre.

Henri Pesenti était modeste. Je lui demandais, à lui qui à partir de l’automne 1944 a vécu toute l’épopée de la 1ère DFL, les combats de la Poche de Colmar - Il y sera blessé le 30 janvier 1945 - la 2ème Libération de Strasbourg, la réduction de la Poche de Royan, de me raconter son histoire. « Non, disait-il, nous n’avons rien fait, ce sont ceux des débuts, ceux qui ont rejoint De Gaulle dès juin 1940 auxquels ont doit tout ». Il n’empêche ! Il fallait faire ce que ces jeunes ont fait car ils sont nombreux à avoir imité Henri Pesenti, en silence et avec modestie. J’ai découvert, tardivement que Marcel Jaccachoury, Maurice Bohl étaient de ceux-là.

Pendant plus de 15 années, c’est avec joie et émotion qu’Henri Pesenti a accueilli à la Nécropole nationale de Rougemont les élèves de Champagney qui venaient là, honorer le Général Brosset. Il disait aux plus jeunes ce qu’il fallait savoir et comment il faut se comporter dans un pays de liberté. Car il faut bien connaître le passé, le passé proche pour bien comprendre les enjeux et la complexité de notre monde, comprendre la violence qui nous bouleverse ici et maintenant.

A Berlin, la place qui se trouve face à la Porte de Brandebourg s’appelle la Pariser Platz en référence à l’occupation de Paris en 1814. Déjà !

Les Allemands sont désormais nos amis, quelle belle leçon face à l’histoire ! Ils sont aussi nos alliés indispensables.

En ce 72ème anniversaire de la Libération, c’est avec émotion et respect que nous rendons hommage à Diego Brosset et à ses chers soldats de la 1ère DFL morts pour la France. Brosset était fier de ses hommes, il les aimait. Aussi, aujourd’hui nous pensons fort à l’un de ses soldats, celui qui sur le terrain est devant, face à l’ennemi. Mais l’on sait bien que Brosset était à part, qu’il n’hésitait pas, lui aussi, à se rendre en premières lignes.

Je veux encore associer à cet hommage aux morts de la Libération le souvenir de tous les soldats français tués, en ce début de XXIème siècle, sur les théâtres d’opérations extérieures, ainsi que toutes les victimes du terrorisme blessées et assassinées sur notre sol. J’y ajoute aussi nos soldats disparus en mission sous les couleurs de l’ONU, beaucoup de casques bleus français sont en effet morts pour la paix tout particulièrement au Liban, en ex-Yougoslavie. Tous ces soldats sont morts pour la paix loin de leur patrie, il ont donné leur vie pour défendre les valeurs et les idéaux portés par la France et nos compatriotes ont été ciblés parce que symboles de ces mêmes valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Restés unis face aux menaces du moment est une façon de combattre et d’être cohérents au regard de tous ces sacrifices.

Alain Jacquot-Boileau, ce 20 novembre 2016

 

 

 

 

 

 

Photos François Bresson

Photos François Bresson

Avec Henri Pesenti en novembre 2013

Avec Henri Pesenti en novembre 2013

Tag(s) : #Hommages