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J’aime Cavanna - François Cavanna (1923-2014) -, sa liberté, ses fragilités, son écriture … Dans « Bête et méchant » la suite de sa biographie – après « les Ritals » et « Les Russkoffs » et avant « Les Yeux plus grands que le ventre » - il raconte comment il tente de devenir dessinateur de presse. J’adore ce passage où il évoque les séances de nus dans un cours du soir de dessin de la ville de Paris.

 

« … On y faisait du modèle vivant, parfois du nu. Le nu … C’est là qu’on voit les vrais artistes : pas un ricanement, pas un clin d’œil salace, pas une rougeur furtive. Austères et concentrés, comme si la bonne femme, là, sur l’estrade, n’avait pas les nichons à l’air, compacts lourds, dressés arrogants jusqu’au ciel, et l’épaisse sauvage touffe de poils noirs avec son odeur de bête que je croyais sentir, que je croyais mâcher. De tous, j’étais le plus imperturbable, pas question d’avoir l’air d’un plouc qu’a jamais rien vu. Je me demandais si les autres hypocrites, crayon au bout du bras tendu pour voir si la nana était plutôt en largeur ou plutôt en hauteur, avaient à ce moment dans la tête ce que j’avais dans la mienne… »

Cela me fait penser, tout à coup, que j’ai une lettre de Cavanna. Il avait écrit tout son amour de la langue française dans un livre : « Mignonne, allons voir si la rose » (éd. Belfond ; 2001 : éd. Albin Michel). Comme je ne trouvais pas ce livre en librairie, je lui ai écrit via Charlie Hebdo. Il ne tarda pas à me répondre. Voir sa lettre du 25 août 1999. J’avais utilisé une enveloppe de la Maison de la Négritude portant au dos te texte intégral du Vœu de Champagney.

« Mignonne, allons voir si la rose » fut réédité peu après …

 

Cavanna - un autographe
Cavanna - un autographe
Cavanna - un autographe
Tag(s) : #Hommages