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La Planche des Belles Filles est devenue un site touristique et sportif incontournable. À une époque où il n’y avait rien là-haut, qu’une nature vierge, les gens jeunes de la vallée conscients de l’intérêt et de la beauté du site y montaient par les sentiers. Yvette Roth-Effler raconte la construction de l'auberge de jeunesse, un projet qui remonte à 1938.

 

« Avec 1936 et les premiers congés payés, le camping  se développa. Les gens étaient heureux. On parlait des auberges de jeunesse, des ajistes (qui appartient au mouvement des Auberges de la jeunesse) et là, l'idée de faire une auberge à la Planche est venue à mon frère André et à Eugène Coppey. Ils avaient recruté des adhérents sur Plancher, Vesoul, Luxeuil et un jour cette construction commença. Ces volontaires venaient aider le week-end. Beaucoup de démarches avaient été nécessaires pour mettre en route le projet.

 

Bien sûr il y avait à faire de la maçonnerie, monter bien des matériaux là-haut. Alors mon père (Henri Roth industriel et maire de Champagney en 1929 puis 1947) mit deux ou trois de ses ouvriers à disposition : Charles Fiori, Capraro.

Des bœufs avec des charrettes ont monté le matériel par le chemin venant de Saint-Antoine, puis on a apporté des ustensiles de rencontre : vieille cuisinière de mes grands-parents, tables, chaises de récupération. Au fur à mesure des recettes (cotisation pour le séjour) les dortoirs furent équipés de meilleures paillasses et de couvertures. Les murs avaient été décorés par des peintures faites par Mr Michaud, professeur de peinture au lycée Gérôme de Vesoul. Malheureusement en 1944, cette auberge sera brûlée. Nous grimpions par les raidillons depuis Plancher-les-Mines où après 2 bonnes heures de bonne grimpette nous arrivions. Moins dur, il y avait ce que nous nommions le Grand Chemin.

 

En arrivant du côté de Plancher-les-Mines, nous passions devant le refuge du ski-club de Giromagny alors seule bâtisse à la Planche et, 200 à 300 mètres plus loin, était l'emplacement de l'auberge de jeunesse. Celle-ci a brûlé, paraît-il incendiée par les Allemands. Dans les années 68-69 nous allions avec mon frère aîné et sa famille à la Planche, le refuge était toujours là mais à la place de l'auberge se trouvait une cabane de chasseurs. Ensuite à l'emplacement  est venu le Grand Chalet brûlé lui aussi. Ces renseignements sont exacts car je me suis renseignée auprès de mon neveu qui est Maire de Lepuix-Gy.

 

Quant au sommet de la Planche, depuis le refuge il fallait grimper pour l’atteindre et l’hiver cela faisait une belle piste de ski.  

Une année, un concours a eu lieu, ma sœur a gagné et cette piste en son honneur avait été nommée La piste Tote (surnom de ma sœur  Henriette). D'après mon neveu cette piste Tote existe toujours mais souvent des personnes se demandent pourquoi ce nom de Tote ?

Ma grand mère maternelle était Alsacienne et parlait mal le Français. Elle voulait dire à sa petite-fille « ma cocotte » et avec son accent cela faisait ma Tototte et pour tout le monde elle devenait Tote. Il s’agit de Madame René Ostré. »

 

Les activités à l'auberge

« Maurice Boillat qui était le fils du bijoutier a adhéré aux Ajistes ainsi qu'André Wissler. Ils venaient régulièrement à l'auberge et ont participé aux travaux puis ensuite aux corvées car il fallait chercher l'eau à la source, prévoir le bois pour la mauvaise saison, faire le ménage. Il fallait du courage pour marcher depuis Plancher-les-Mines avec parfois des sacs à dos bien chargés. Nous traînions nos sacs de couchage, du ravitaillement pour 2 jours et parfois les skis. Nous faisions souvent la promenade jusqu'à l'étang ou le sommet de la Planche, également à la Roche Fendue. Par mauvais temps nous faisions des jeux de société et chantions beaucoup. Mon frère Jacques apportait son accordéon. Un ajiste, Anselme Jourd’heuil, instituteur à Corbenay,  venait chaque semaine par le train au début en compagnie d'un collègue nommé Georges Jouffroi qui sera tué à la guerre. »

Il est toujours possible de monter au plus haut sommet de Haute-Saône depuis Plancher-les-Mines, Auxelles-Haut, Lepuix, mais de nos jours tous les sentiers sont balisés.

 

Daniel Guenot de Vesoul, ancien responsable départemental  du mouvement ajiste, apporte quelques autres éléments sur l’auberge de Jeunesse de la Planche des Belles Filles.

« Le Groupe ajiste de Vesoul, avec les Varlet, Khaladji, Santenac, Longeron,Vautrain et d'autres dont j'ai oublié les noms, a participé activement à la construction et à l'aménagement de l’Auberge. C'était la période des premiers congés payés, et d'une façon générale, les Auberges de Jeunesse ont été un facteur important du développement d'un tourisme populaire, dans une ambiance de fraternité internationale.  L'Auberge de la Planche a été sinistrée pendant la guerre 39-45. Notre Association départementale a reçu mandat de gérer le dossier de reconstruction. Les dommages immobiliers n'ont pu être utilisés en Haute-Saône, faute à l'époque de trouver un terrain d'accueil. Nous les avons donc transmis au Comité belfortain, à charge d'édifier un chalet du type savoyard, promenade d'Essert. Cette Auberge y a donc fonctionné de nombreuses années. Les dommages mobiliers, que nous avions conservés,  ont servi à équiper notre relais "Liberté" sur les pentes de Quincey. »

 

La construction de l'auberge de jeunesse de la Planche en 1938 - Photo Yvette Roth-Effler -  La fenêtre du bas était celle de la cuisine, au-dessus on voit une petite fenêtre qui était celle du dortoir des femmes, celle sur la grande façade, la salle commune et la dernière fenêtre le dortoir des hommes.
La construction de l'auberge de jeunesse de la Planche en 1938 - Photo Yvette Roth-Effler -  La fenêtre du bas était celle de la cuisine, au-dessus on voit une petite fenêtre qui était celle du dortoir des femmes, celle sur la grande façade, la salle commune et la dernière fenêtre le dortoir des hommes.
La construction de l'auberge de jeunesse de la Planche en 1938 - Photo Yvette Roth-Effler -  La fenêtre du bas était celle de la cuisine, au-dessus on voit une petite fenêtre qui était celle du dortoir des femmes, celle sur la grande façade, la salle commune et la dernière fenêtre le dortoir des hommes.
La construction de l'auberge de jeunesse de la Planche en 1938 - Photo Yvette Roth-Effler -  La fenêtre du bas était celle de la cuisine, au-dessus on voit une petite fenêtre qui était celle du dortoir des femmes, celle sur la grande façade, la salle commune et la dernière fenêtre le dortoir des hommes.

La construction de l'auberge de jeunesse de la Planche en 1938 - Photo Yvette Roth-Effler - La fenêtre du bas était celle de la cuisine, au-dessus on voit une petite fenêtre qui était celle du dortoir des femmes, celle sur la grande façade, la salle commune et la dernière fenêtre le dortoir des hommes.

Les deux jeunes sur cette photo de l'auberge sont deux vésuliens, des ajistes, qui venaient chaque samedi-dimanche pour participer aux travaux de la construction. Ils tiennent le drapeau des ajistes de forme triangulaire. Couleurs : vert et jaune. Le chien est celui de René Ostré.

Les deux jeunes sur cette photo de l'auberge sont deux vésuliens, des ajistes, qui venaient chaque samedi-dimanche pour participer aux travaux de la construction. Ils tiennent le drapeau des ajistes de forme triangulaire. Couleurs : vert et jaune. Le chien est celui de René Ostré.

Devant l’auberge en septembre 1942 : Dans l’herbe Maurice Boillat, Robert Kramer (avec la scie), Marguerite Helle (sous le volet), Marguerite Boillat, Mme Barberet et sa fille (épouse du chef de gerdarmerie), Edmond Boillat devant la fenêtre, à la fenêtre André Vissler et André Helle. Photo Maurice Boillat

Devant l’auberge en septembre 1942 : Dans l’herbe Maurice Boillat, Robert Kramer (avec la scie), Marguerite Helle (sous le volet), Marguerite Boillat, Mme Barberet et sa fille (épouse du chef de gerdarmerie), Edmond Boillat devant la fenêtre, à la fenêtre André Vissler et André Helle. Photo Maurice Boillat

L'entrée de l'auberge - 1942 - Photo Maurice Boillat

L'entrée de l'auberge - 1942 - Photo Maurice Boillat

L'auberge côté nord - 1942 - Photo Maurice Boillat

L'auberge côté nord - 1942 - Photo Maurice Boillat

Tag(s) : #Histoire locale