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Ces photos m'ont été transmises par Henri Pesenti, Ancien du BM 24 de la 1ère Division française libre. On y voit le général Brosset, en Tunisie, entouré d'officiers de l'armée d'Afrique, celle qui n'avait pas bougé depuis 1940.
Brosset Tunisie 1
Rien que le style et l'apparence en dit long sur les idées et les motivations de ces hommes. C'est peu de dire que Brosset, en guerre depuis 1940, dénote au milieu de ces capotes et manteaux d'un autre temps.
Brosset Tunisie 3Ces photos rares n'ont été publiées dans aucun  des livres consacrés à Brosset et à la 1ère DFL.
Si quelqu'un peut me renseigner sur les noms des officiers qui entourent Brosset ce jour-là ...

Brosset Tunisie 2

 

La 1ère DFL en Tunisie

De février à mai 1943 la 1ère DFL est engagée aux côtés des troupes alliées fraîchement débarquées en Afrique en novembre 1942 pour participer à la campagne de Tunisie qui permettra à la France Libre de gagner dans ses rangs des troupes qui jusque là étaient aux ordres du gouvernement de Vichy. Mais les choses ne furent pas si simples.

C'est l'époque où l'Afrique du Nord est déchirée par des courants d'opinion politique variés. Si les troupes nord africaines ont repris le combat au côté des Alliés (après les avoir attaqués lors du débarquement), elles sont loin d'avoir épousé l'esprit Français Libre.

La preuve :

Le 13 mai, jour de la capitulation des troupes germano-italiennes de Tunisie, la 1ère DFL fait sa jonction avec les unités de l'armée d'Afrique engagées en Tunisie (dont le groupement blindé de la division d'Oran, commandé par le colonel Le Coulteux de Caumont, qui s'était battu contre les FFL en Syrie).

De Gaulle confie à Larminat le commandement du groupe de divisions françaises libres. Très hostile à Giraud, Larminat refuse que les FFL et l'armée d'Afrique participent ensemble au défilé de la victoire à Tunis, le 20 mai.

Bien que de Gaulle soit désormais installé à Alger (depuis le 30 mai 1943), Giraud ordonne aux FFL de regagner la Tripolitaine : cette décision exaspère l'antagonisme entre les FFL (50.000 hommes) et l'armée d'Afrique (300.000 hommes). La DFL rejoint le camp de Zuara, à une centaine de km de Tripoli. Le 10, ce sera le tour de la Colonne Leclerc qui sera, elle aussi, expédiée à Sabrata, dans la même région où elle prendra le titre de 2ème DFL.

A l'Etat-Major d'Alger, on s'émeut du nombre de volontaires (civils ou déjà militaires) qui, attirés par leur renommée, leur fidélité et leur esprit, viennent proposer leurs services aux troupes FFL.
Le 31 juillet, il est mis fin aux engagements dans les FFL proprement dites, mais de Gaulle précise à Giraud : « Dans l'organisation militaire française désormais reconstituée, elles conserveront leur figure et leur caractère en même temps que leur ardeur ».

 

Après 76 jours de pénitence dans le désert, les Français Libres reçoivent droit de cité en Afrique du Nord. La 2ème DFL part pour le Maroc où elle va devenir la 2ème DB. La 1ère DFL quitte Zuara le 23 août 1943 pour la région Nabeul-Soliman en Tunisie.

Entre-temps, la 4ème Brigade est arrivée d'Egypte avec le 2ème Régiment d'Artillerie qui est intégré au 1er. La DFL subit d'importants changements dans son commandement et sa composition. Brosset succède à Kœnig à la tête de la 1ère DFL, qui est regroupée et réorganisée à Nabeul (Tunisie) et qui prend officiellement le nom de « 1ère division motorisée d'infanterie » (1ère DMI), mais, jusqu'à la fin de la guerre, on continuera de l'appeler : « 1ère DFL ».

 Brosset Tunisie 5

Elle doit s'aligner en effectifs sur la norme d'une Division d'infanterie motorisée américaine et en recevoir progressivement le matériel. En attendant, elle rend son vieil équipement britannique.

Les effectifs sont plus que doublés grâce à l'apport de volontaires d'Afrique du Nord et à l'arrivée d'unités entières (4ème Brigade, 1er groupe Antillais, etc...).

Mais, contrairement à ce qui va se passer au Maroc pour la 2ème DB, aucune unité ayant dépendu de Vichy n'y sera incorporée en corps constitué, ce qui préservera l'esprit français libre de la 1e DFL.

L'hiver 43-44 se passe on Tunisie à percevoir le matériel américain et à l'expérimenter tandis que les premières divisions du Corps Expéditionnaire Français (CEF) en Italie prennent part dès janvier 1944 aux combats sur la ligne "Gustav".

Enfin, le 20 avril 1944, forte de ses 18 317 hommes, la DFL (que l'Etat-Major d'Alger s'obstine à dénommer 1e Division Motorisée d'Infanterie pour lui ôter son caractère Free French) quitte la Tunisie pour Albanova, au nord de Naples en Italie.

Brosset Tunisie 4

Tag(s) : #Brosset Diego