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Dans le fonds de photographies d'Eugène Mozer se trouvent ces images du tunnel du Chérimont. Elle datent de 1911.

La famille n'hésitait pas à sortir et à marcher autour de Champagney. Les dames sont endimanchées, les parapluies servent d'onbrelles. Il y a les enfants d'Eugène - Albert et Albertine - et des membres de la famille Lejeune (Lejeune est le beau-frère d'Eugène, l'époux de Louise Mozer).

Cette virée au canal du Chérimont, non loin de l'écluse du Beuveroux représente une marche de plusieurs kilomètres depuis le centre de Champagney.

canal 1911

canal 1911 a
On voit bien la sortie du tunnel, côté Frahier

DSCF3309
L'entrée de ce tunnel aujourd'hui

Canal 1911 c

Cette balade de huit kilomètres permet de voir les vestiges du canal de l’Est.

Au lendemain de la guerre 1870-71, après la perte de l’Alsace et de la Lorraine, et donc de l’interruption de la continuité des voies navigables (Canal du Rhône au Rhin et de la Marne au Rhin), on décida de rétablir une communication fluviale par la construction du canal de l’Est reliant la Saône à la Moselle avec un embranchement allant jusqu’à Montbéliard. Ce projet qui remonte à 1882 prévoyait également, afin de réguler l’alimentation de cette voie navigable, la réalisation du bassin de Champagney.

 

On découvre le tracé de cet embranchement qui devait partir de Conflandey, remonter la vallée de la Lanterne pour traverser celle de l’Ognon, traverser le bassin minier de Ronchamp, se diriger sur Belfort et faire sa jonction avec le canal du Rhône au Rhin vers Fesches-le-Chatel. Commencé en 1884, la construction du canal s’arrêta en 1909 au niveau de l’écluse du Beuveroux. Seuls 28,6 km ont été réalisés sur les 85 km prévus.

Cette écluse, construite à l’extrémité Ouest du Bief de partage n’a jamais été équipée du système de portes et de vannage. Elle est aujourd'hui envahie par la végétation. Construite au gabarit de l’époque, dit Freycinet, elle aurait permis de faire franchir une dénivelée de 4,20 mètres à des péniches de 38,50m de longueur et 5.05m de largeur .

Pour éviter un nombre trop important d’écluses pour franchir la colline du Chérimont, on a eu recours au creusement d’un tunnel.

Creusé en grande partie dans du rocher massif en grès rouge sur une longueur de 1330 mètres il a une section de 10 mètres de hauteur pour 7 mètres de largeur. La totalité des parements est en pierres taillées maçonnées en provenance de carrières de Chalonvillars et d’Essert . Le promeneur peut voir les deux entrées de ce souterrain dont la ventilation est assurée par six puits d’aérage espacés de 180 mètres . Celui près duquel passe la promenade a une profondeur de 70 mètres entre le sommet de la voûte et l’air libre.

Tous ces travaux de creusement et de maçonnerie n’étaient pas terminés à la déclaration de guerre en 1914. Le traité de Versailles de 1919 prévoyant le retour de l’Alsace-Lorraine à la France, le canal du Rhône au Rhin retrouva donc toute son activité et cette liaison Haute-Saônoise n’étant plus utile, on abandonna définitivement les travaux. Restent ces vestiges éparpillés dans la forêt du Chérimont.




Pour en savoir plus :
Histoire du Bassin de Champagney

Excursions dans les Vosges entre les deux guerres - documents








                                                                                                                   



   
   















   





















   

   



       

Tag(s) : #Photos documents historiques