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La création de l'école enfantine

classe enfantine 1924-1925

 

La classe enfantine de Mme Cachot en 1924-1925
Debout : Yvonne Gable, Yvette Hozotte, Jolain, ? , Yvette Kalanquin, Jeanne Mattetal, Georgette Pezet, Jeanine Rollet, Nardin, Germaine Henry, Germaine Taiclet, Richard

Assis : Girlbert Laurency, ? , Emile Colney, Robert Hambert, Gabriel Canda, Jean Voinson, Paul Charpin, Robert Stiquel

 

 

C’est en 1906 qu’apparaît pour la première fois, dans les délibérations du conseil municipal, la demande de création d’une classe enfantine au Centre : « La classe nécessaire pourrait être rattachée au bâtiment de l’école des filles actuellement en construction. » Á ce moment là, les petits étaient scolarisés à l’école correspondant à leur sexe : école des filles (à côté de la cure) et mairie pour les garçons.

Après la construction de la nouvelle école des filles en 1907, les petites filles suivront leurs aînées dans les nouveaux locaux (Gaston Didier racontait que les garçons allaient en récréation sur la place, les filles avaient leur propre cour. Quant aux WC construits au fond de cette cour, les garçons s’y rendaient en rang, de manière à ne pas rencontrer les filles).

La demande de création de 1906 est renouvelée en août 1911 et les années passent. Il faut attendre juin 1930 pour que le sujet soit à nouveau abordé : « L’école enfantine actuelle, installée dans une des salles de rez-de-chaussée de la mairie, ne répond pas aux conditions d’hygiène et de confort au moins nécessaires à une école. » (Délibérations du conseil municipal). Il n’est alors plus question d’installer les petits dans le groupe scolaire des filles au Centre, mais de transformer l’ancienne école des filles. L’année suivante, ce projet est abandonné, le coût des transformations étant jugé trop important, l’environnement trop humide (proximité du ruisseau), les pièces et les cours trop petites. Monsieur Bedon, architecte à Lure, est alors chargé de concevoir le projet d’une école intégrée dans le groupe réalisé en 1907.

 

 

classe enfantine 1925Classe enfantine vers 1925

 

De haut en bas et de gauche à droite
Le maître M Coppey, devant le maître : Paul Mur

1 : Marcel Jaccachoury, Jean Colney, Henri Sarre, Taiclet, Paul Graffe, Marcel Rault, Maurice Boillat, Richard, Escomel, ?

2 – Robert Stiquel, Emile Colney, Henri, Alfred Mettetal, André Anjoubault, André Helle, Jacquet, Maurice Démésy, Grosset

3 : André Cadet, Bernard Castel, Robert Wissler, ? , Michel Détrie, Cury, Lipi, ? , Henri Travers, ?

4 : Maurice Gouhenant, Lipi, ? , Robert Hugon, Georges Peroz, Gable, Peroz, Gillet, Nardin


place cour d'écPour ces photos scolaires, les enfants posent à cet endroit de la mairie-école.
Bien sûr, à l'époque, l'auvent en béton qu'on voit sur cette carte des années soixante n'existait pas.Il sera détruit dans les années quatre-vingt-dix.

 

En janvier 1932, ce projet est présenté et approuvé. Il s’agit de prolonger le préau par la construction d’une scène et d’édifier en retrait une nouvelle aile fermant ainsi la cour d’école. Dès cette époque on prévoit que ce bâtiment abritera, outre l’école enfantine, une bibliothèque et un foyer laïc d’éducation populaire. L’ensemble est estimé à 230 000 francs. L’on fait encore remarquer que le déménagement de la classe enfantine du rez-de-chaussée de la mairie libérera une salle destinée aux garçons qui, eux-mêmes, laisseront la leur pour une seconde classe du cours complémentaire, alors réclamée avec force.

 

Il est à noter qu’au cours de la même séance il est question d’installer dans toutes les classes un nouvel appareil de chauffage, le calorifère Ciney (système Barrault) à feu continu, réglable et à absorption des gaz, en remplacement des vieux poêles.

En mars 1936 les travaux de construction de cette nouvelle école ne sont toujours pas commencés et il y a pourtant urgence. 70 jeunes élèves sont inscrits et les prévisions d’effectif sont les mêmes. La salle utilisée depuis des dizaines d’années a une surface de 54 m² et un volume de 172 m³, soit 2,50 m³ par élève à peine, au lieu du minimum réglementaire de 5 m³. C’est là le dernier argument de nos élus qui demandent à cette date, l’autorisation de mettre le projet à exécution le plus tôt possible. Un emprunt, remboursable sur trente ans, est souscrit.

 

En novembre 1937, les travaux sont en cours et le gros œuvre en voie d’achèvement puisque Joseph Malnati demande alors la révision de son marché par suite d’une augmentation du prix des matériaux. Satisfaits du travail et du respect des délais, les édiles acceptent. Ce qu’ils ne font pas en ce qui concerne le plâtrier‑peintre qui propose lui aussi une révision à la hausse de son marché. L’artisan a en effet contre lui le fait d’être en retard sur le calendrier prévu. Finalement la réception des travaux a lieu en février 1938. Il s’agit là du deuxième bâtiment qui constitue, avec celui datant de 1907, l’actuelle école du centre. Ces deux bâtiments étaient reliés – et communiquaient - par le préau des écoles détruit, quant à lui, en 1995 pour faire la place à la nouvelle salle des fêtes.

 

DSCF8902

 

Le bâtiment inauguré en 1938

Autrefois, l’école dite maternelle n’existait pas. On entrait dans le système scolaire par la petite classe, la classe enfantine, vers l’âge de cinq ans et l’on commençait aussitôt l’apprentissage des bases : lecture, écriture et calcul (chères bûchettes !).

 

A Champagney cette classe enfantine deviendra mixte aux alentours de 1930. En attendant, Laure Girardin aura en charge les petites filles pendant de longues années. En effet, elle est déjà en poste à l’ancienne école des filles (avec sa sœur Constance) et poursuit son travail à la nouvelle école sur la place. Les demoiselles Girardin termineront leur carrière à Champagney. Au cours de cette période, les petits garçons sont donc installés au rez-de-chaussée de la maison commune (salle de réunions).  (Les deux salles du rez-de-chaussée de la mairie serviront de salles de classe jusqu’à la fin des années soixante.)

 

Pendant la guerre de 1914‑1918, on rencontre une autre institutrice chargée des petites filles, Gabrielle Ducarne. Dans les années vingt, c’est Madame Besanceney. A partir de là, il semble que la maîtresse qui a la responsabilité d’une promotion la suive plusieurs années, au moins jusqu’au cours élémentaire. C’est encore le cas avant 1930, pour Madame Miellet.

Au début du XXème siècle (avant 1914), Monsieur Soyard, chez les garçons, s’occupe des plus petits, puis, entre 1920 et 1930 c’est un maître nommé Coppey (aucun lien avec le maire Eugène Coppey).

Lorsque la classe enfantine devient mixte, donc dans les années trente, on y trouve d’abord Madame Ploye et, quelques années plus tard, Madame Mouillon. C’est d’ailleurs cette dernière qui inaugurera la nouvelle école enfantine terminée en 1938. Elle y restera jusqu’à la Libération puisqu’en 1945 c’est Madame Pernot qui lui succède (celle‑ci y effectuera toute sa carrière).

En 1945, il y avait une cinquantaine d’élèves à l’école enfantine divisé en deux sections. On y apprenait toujours à lire, les meilleurs entrant au CP sachant lire. Madame Pernot aura, au cours de ces années d’après guerre, jusqu’à soixante enfants. Ce lourd effectif s’explique par la présence des enfants du Magny qui, dans l’attente de la reconstruction de leur école détruite, viendront au Centre jusqu’en 1950.

 place cour d'école


Lire aussi : Champagney : constructions d'écoles au début du XXème siècle

 

Tag(s) : #Histoire locale