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Le 28 octobre 1939

« Nous devons apporter à la France un concours sans réserve, ne lui marchander aucune de nos ressources et ne reculer devant aucun sacrifice. »

 

Le sultan du Maroc, Sidi Mohammed Ben Youssef

 

Le 3 septembre 1939

 

 

 

Escale à Marseille

 

 

 

«  Oran, le 26.10.39

Deux mots pour vous dire que je suis arrivé à Oran ce matin à 9 heures. Je crois que l’on restera ici jusqu’à demain. On doit prendre le bateau sûrement demain. Plus tard, je te donnerai ma nouvelle adresse. Je vous quitte pour aujourd’hui.

Recevez toutes deux mes bons baisers.

                                                                           Jules »

 

C’est par ces quelques phrases rapidement jetées sur une carte de correspondance militaire, que Jules apprit aux siens son retour en métropole.

Bizarrement, quand il écrivait aux deux femmes laissées à la maison – sa mère et sa grand-mère – parfois, au détour d’une phrase, il ne s’adressait plus qu’à Lisa.

C’est donc la guerre qui le rappelait en France, lui et tous ses camarades. Désormais, une sourde angoisse étreignait les cœurs des deux côtés de la Méditerranée.

 

Le 1er septembre, l’armée allemande était entrée en Pologne. Deux jours après, l’ultimatum envoyé à Berlin réclamant le retrait de ces forces étant resté sans réponse, la Grande-Bretagne et la France déclaraient la guerre à l’agresseur.

Jules avait bien en mémoire ce triste jour, un dimanche, où il apprit la terrible nouvelle. Vers midi, le capitaine de la compagnie, lui-même tout juste informé, était venu leur annoncer l’entrée en guerre de la France. Il ne leur avait pas fait de discours. L’officier les avait juste mis au courant, en soulignant que le gouvernement avait tout fait pour maintenir la paix jusqu’au coup de force allemand. Et il avait conclu ses paroles sans pathos par cette phrase de circonstance, mais qui avait tout de même jeté un froid : « Quoi qu’il arrive, je sais que chacun de vous fera son devoir… »

Puis les soldats se remirent à manger et, très vite, le brouhaha commun à tout réfectoire reprit, effaçant le moment d’émotion. Il est vrai que, ce jour-là, le commandement avait eu la bonne idée de faire améliorer l’entrée et le dessert. Etait-ce pour mieux faire passer la pilule ? Certains ne manquèrent pas de faire la remarque.

 

 

La guerre, même si on s’y attendait, était bien évidemment une très mauvaise nouvelle et surtout, à cette époque, personne n’avait oublié l’hécatombe de 1914-1918 : 1 350 000 hommes disparus, des jeunes en majorité, pour ne parler que des soldats tués au combat.

Un tel massacre, qu’on avait juré, la main sur le cœur – croix de bois, croix de fer – que ce serait la dernière guerre, la « der des der ». Et on avait pris des mesures pour cela : occupé militairement la rive gauche du Rhin (1) – n’était-ce pas l’Allemagne la responsable ? - , créé en 1920 une organisation internationale chargée de garantir la paix et la sécurité- la Société des Nations – et, même, en 1928, une quinzaine de nations avaient signé un traité par lequel elles s’engageaient à renoncer à la guerre (2). Il fallait y penser !

L’Allemagne faisait partie des signataires, elle était encore, à ce moment-là, une démocratie. Malheureusement, plus pour longtemps…

A peine plus tard, la Société des Nations se montrera impuissante devant la politique d’expansion territoriale de l’Allemagne nazie.

 

 

Le jour du départ arriva. Le 1er RTM quitta le Maroc le 24 octobre. La 3ème compagnie, celle de Jules partit de Port Lyautey où elle se trouvait alors. Les jours précédents, la préparation du voyage eut lieu dans une grande fébrilité. Les hommes avaient reçu paquetages de guerre et rations de combat. Jules, ainsi que plusieurs de ses camarades, avait préparé quelques suppléments : des biscuits, si durs qu’il fallait les mâcher très longtemps afin de les humidifier suffisamment pour pouvoir les avaler, quelques boîtes de sardines et de thon, des plaques d’un chocolat aussi dur que les gâteaux, friandise à casser au marteau, et des cigarettes. Jules ne fumait pas mais, plus tard, elles constitueraient assurément une précieuse monnaie d’échange.

 

Le voyage eut lieu en train. Ayant rejoint Meknès, la compagnie quitta cette ville, maintenant si familière pour les jeunes Français, à la fin du jour. Jules le regretta en songeant qu’ainsi il serait privé du spectacle qu’était toujours tout déplacement un peu long.

Le convoi longea à une allure régulière les montagnes du Moyen Atlas, les gravit tranquillement entre Fès et Guercif par le passage de Taza qui culmine à près de 560 mètres d’altitude. La locomotive à vapeur soufflait, patinait par moments en projetant des gerbes d’étincelles comme un monstrueux poste à souder. On passa encore les cités de Taqurirt et d’Oujda et, peu après, ce fut l’Algérie et les monts de Tlemcen. Enfin, la ligne de chemin de fer longea le massif de Tessala.

 

De l’autre côté, le regard des voyageurs pouvait enfin embrasser la grande plaine de Sidi-Bel-Abbès, étendue fertile couverte d’oliviers, d’arbres fruitiers, de vignes et de cultures de toutes sortes. Le jour se levait. Jules, le corps endolori par une mauvaise

nuit faite d’un sommeil haché et de rêves désagréables et inachevés, faisait cet inventaire lorsque le train constitué de wagons dépareillés, prit la direction du Nord et de la Mer.

 

(1) Région occupée par les Français jusqu’en 1930.

(2) Le pacte Briand-Kellog signé à Paris le 27 août 1928.

 

La compagnie arriva enfin à Oran le jeudi 26 octobre. L’essentiel du régiment était déjà là, débarqué la veille et installé dans les halles centrales de la ville portuaire. Le quai d’embarquement était en proie à une intense activité, une véritable fourmilière. Ce n’était pas une mince affaire que d’embarquer une pareille société faite de quelque 1500 hommes et d’une multitude de véhicules en tous genres : des camions, des automobiles, des motos, des ambulances, des cuisines roulantes et des armes, canons antichars, mortiers, voiturettes et encore plusieurs tonnes de matériel divers, sans oublier des dizaines de chevaux. Tout cela s’entassait sur les flancs des deux navires en attente, le « Chella » et le « Ville d’Alger ».

 

Les soldats ne virent rien de la cité. Ils passèrent la nuit à bord et furent sur pied tôt le lendemain, car une revue était prévue dès 7 heures 30 en présence du général Noguès, une cérémonie conduite dans les règles de l’art, comme seuls les militaires et les gymnastes en mouvement d’ensemble savent le faire. A 9 heures, les bateaux appareillèrent et gagnèrent doucement la haute mer suivis par un torpilleur. Cette protection rappelait à tous qu’on était bien en guerre.

 

Appuyé sur le bastingage, parmi les soldats silencieux, Jules admirait la baie d’Oran baignée par une belle lumière matinale. Beaucoup de ces garçons voulurent s’imprégner de cette vision de l’Afrique comme si c’était la dernière fois, ce paysage doublement barré par le bleu du ciel, un bleu limpide et sans nuage, et celui de la mer, tout en nuances mouvantes. C’était vraiment magnifique.

Peu à peu, ce tableau s’estompa pour n’être plus qu’une impression de couleurs. Jules resta très longtemps, les yeux fixés sur cet horizon, convaincu qu’une page se tournait définitivement.

 

 

 

 

Attablés à une terrasse sur la Canebière, les trois hommes appréciaient l’animation de la principale artère de Marseille, la plus célèbre aussi, l’un des deux symboles de la capitale méridionale avec l’église dédiée à la Vierge Marie érigée sur une des collines qui dominaient la baie.

La troupe avait été libérée et, les soldats, depuis le camp Sainte Marthe où ils étaient cantonnés, parlant haut et fort, étaient redescendus en ville à grandes enjambées. Ils s’étaient rapidement dispersés dans tous les bistrots, les plus près du Vieux port, comme attirés par la mer qu’ils allaient quitter dès le lendemain.

Délestés de leur barda, un équipement lourd d’une bonne quarantaine de kilos – le fantassin français, sorte de montagne ambulante transportait encore sa maison sur le dos - , Jules et ses collègues faisaient une pause avant de monter voir Notre-Dame-de-la-Garde. Tout en bavardant, ils observaient le va-et-vient des passants.

Ernest, presqu’un « pays » pour Jules puisqu’il était de Luxeuil-les-Bains, faisait des commentaires sur toutes les femmes qui passaient. Il entamait déjà un deuxième bock et commençait visiblement à être échauffé.

-         Calme-toi, conseilla Simon en reposant son verre d’anisette.

Ce grand garçon au poil noir, dans le civil garçon de café à Bastia, sa ville d’origine, était modéré dans son jugement autant que dans sa façon de faire. Ce tempérament amusait ses camarades toujours bruyants et expansifs.

-         C’est vraiment étrange, dit Jules, rien ne laisse penser que c’est la guerre.

-         Et pourtant y’a qu’à voir notre costume ! On n’est pas vraiment habillés pour aller à la noce, siffla Ernest en s’essuyant la moustache du revers de la main.

-         Voilà presque deux mois que cette guerre est déclarée et rien ne s’est passé, ou si peu, insista Jules.

-         Mon beau-frère, appelé dans un régiment de forteresse du côté de Thionville, m’a écrit et raconté son coin de ligne Maginot. Paraît qu’y faut voir ça, comme c’est moderne, net, propre et costaud. Finie la guerre de papa dans la boue, avec les rats.

Eh bien, j’vais vous dire : Hitler, il a la trouille, y réfléchit et il est pas loin de s’dire qu’il a fait une connerie d’enclencher tout ça. Y s’demande bien comment y pourrait r’tirer ses billes sans trop perdre la face.

 

Ernest conclut cette démonstration en reposant son verre vide et en s’exclamant bien fort :

-         Et tiens, encore un que les Boches n’auront pas !

-         Ils ont pourtant écrasé les Polonais en un peu plus de trois semaines, tempéra Simon.

-         La Pologne, c’est pas la France ! Tu peux pas comparer.

-         T’es fortiche ! Ce matin, le journal disait à peu de chose près, la même chose que toi.

Et Jules tira de sa poche la feuille du jour qu’il déplia.

 

-         Enfin, seuls les titres vont dans ton sens, car c’est quand même plus compliqué que ça. Et il lut à haute voix : « Le danger paraît s’être éloigné de la Hollande. Hitler a-t-il découvert dans cette aventure plus de risques qu’il n’y trouvait d’attraits ? »

-         Ah, vous voyez, reprit Ernest, ton canard parle d’ « aventure » ! J’vous l’dis, les Boches y z’ont intérêt à y réfléchir à deux fois !

-         Quel diplomate tu fais, se moqua Simon.

-         Quoi qu’il en soit, deux guerres en vingt ans, c’est tout de même un peu fort, affirma Jules en repliant son journal. C’est ainsi qu’il mit fin à la conversation qui s’annonçait stérile et rappela à ses amis leur projet d’excursion. Debout, Ernest fit mine d’emboîter le pas à une jeune fille qui se pressait.

-         T’affole pas ! On repart demain, s’exclama Simon.

-         Justement !

 

 

Les trois amis entreprirent donc l’ascension de la colline sacrée, encore une ! Jules pensa aussitôt à la colline de Ronchamp et le dernier pèlerinage lui revint en mémoire. C’était il y avait un peu plus de deux ans. Déjà ! Il n’entendit pas Ernest affirmant : « Les églises, c’est pas mon truc. C’est bien parce que c’est vous. ».

Une longue montée, faite de marches et de paliers successifs, les conduisit doucement à la basilique au clocher surmonté d’une statue dorée de la Vierge. Nombreux étaient les soldats qui avaient eu la même idée. Cela déambulait dans les deux sens, des militaires français, mais aussi des tirailleurs marocains plus attirés par la splendide vue sur la mer - le Vieux Port et le fort Saint-Jean, la ville et toutes les collines environnantes - qui s’offrait depuis le belvédère que par l’édifice religieux surplombant la cité. D’ailleurs, ceux qui redescendaient, stationnaient longuement aux meilleurs endroits pour profiter du panorama et le détailler.

 

A l’intérieur, les trois soldats firent le tour de l’église par les bas-côtés. Ils s’arrêtèrent devant un buisson de cierges de toutes tailles, seuls les plus petits étaient éteints et le plateau recouvert d’une épaisse couche de bougie durcie et boursouflée. On aurait dit une coulée de lave en miniature.

Jules alluma un cierge à l’une des dizaines de petites flammes vacillantes. En le plantant avec force sur une des grosses pointes de fer du présentoir, il fit remuer tout l’ensemble qui penchait dangereusement. Les pièces de monnaie qu’il jeta dans le tronc voisin, en tombant, rompirent brutalement le silence.

Un prêtre occupé à un banc de vente d’objets de piété tourna la tête.

Jules pria. Il se récitait machinalement des paroles. Sur son cœur appuyait la liasse épaisse des lettres que Marie lui avait envoyées depuis son départ de Champagney. En quittant le Maroc, il avait décidé de les garder toutes sur lui.

 

Il priait très vite parce qu’il n’était pas seul et ses prières n’étaient en réalité que des demandes les concernant tous les deux, Marie et lui. Et c’est bien involontairement qu’il ôtait à la prière tout son sens.

 

En faisant quelques pas, les soldats s’étaient rapprochés du prêtre. Jules et Simon firent chacun l’acquisition d’une médaille à l’effigie de la Vierge que l’ecclésiastique bénit avant de les leur remettre.

Agé d’une soixantaine d’années, petit et massif, l’homme contourna son étalage pour être plus près des jeunes gens. Ses yeux noirs brillaient. Un crâne dégarni et luisant coiffait son visage rond au teint mat. Il portait un gilet de laine, une grosse laine bleu marine tricotée, comme un vêtement d’appoint lorsqu’il fait froid. Pourtant, l’automne dans le sud, est, le plus souvent, d’une grande douceur. C’était le cas, il avait fait beau toute la journée et en plus la soutane que portait le curé était faite d’un drap noir épais.

Les soldats, quant à eux, n’avaient pas hésité à ouvrir le col de leur capote et à dégrafer le premier bouton de la chemise, celui qui serre tant la pomme d’Adam. Ernest, d’ailleurs, prolongeait son séjour dans l’église sans rechigner car il y faisait frais. « Ah ! On respire ici. » avait-il remarqué en entrant avant d’ajouter aussitôt : « Dommage que l’ambiance n’est pas terrible ! ».

 

Le curé se révéla bavard. Il avait l’accent marseillais et se mit à les questionner sans plus de façon.

-         Dites-moi gamins, vous n’êtes que de passage chez la Bonne Mère, quelle est donc la suite de votre programme ?

Jules et Simon avaient souri au terme de « gamin » alors qu’Ernest avait écarquillé deux grands yeux d’étonnement.

S’ils étaient des hommes, des citoyens majeurs – et la nation n’avait-elle pas besoin d’eux pour la défendre ? – leur enfance n’était-elle pas toute proche encore ? Leurs souvenirs d’écoliers tout frais ? Quelle avait été leur expérience de la vie ? Un apprentissage, un bref emploi en usine et puis la vie militaire. C’était tout. Finalement, peu de choses.

Les « gamins » racontèrent donc de bonne grâce le quotidien du bidasse sous le soleil du Maroc. Par contre, s’ils savaient qu’ils devaient quitter Marseille dès le lendemain, leur destination n’avait pas été précisée. Pas encore. Probablement un point de chute dans le Nord ou l’Est.

Le curé était curieux, il les entraîna à l’extérieur. Une belle lumière orangée embrasait la ville, ses toits, ses façades et tout le port. L’après-midi mourait doucement dans cet embrasement. Les hommes gardèrent le silence un instant, chacun admirant cette cité éclatante de vie. Leur regard porta d’abord sur les îles plantées au beau milieu du golfe – l’île Pomègues, l’île Ratonneau et le Château d’If qu’on distinguait nettement - , tournant légèrement la tête, c’était le mouvement de la forêt de mâts du Vieux Port et juste en arrière, les môles et les bassins où ils étaient arrivés, il n’y a pas si longtemps.

Depuis leur poste d’observation, ils pouvaient voir les allées et venues sur les quais le long de plusieurs navires, des grues étaient en action, des dockers chargés de caisses et de ballots se pressaient, des locomotives manœuvraient, d’ailleurs le transbordement des véhicules et du matériel du  1er RTM était-il terminé ? Pas sûr.

 

Le prêtre rompit le silence de cette contemplation.

-         Dans un port tel que celui-ci, tout a l’air désordonné, mais c’est tout le contraire, expliqua-t-il.

-         C’était comme dans ma piaule, dit Ernest, c’était la pagaille organisée !

La comparaison fit rire le petit groupe. Puis, Jules, redevenu sérieux, questionna :

-         Mon père, que pensez-vous de cette guerre ? Ce matin le journal disait que…

-         Peuchère ! Laisse les journaux parler, mais ne les écoute pas. Le bourrage de crâne ne fait que commencer. J’en sais quelque chose, j’ai fait l’autre guerre, tu sais. Jamais on ne nous dira la vérité, à nous, civils et encore moins à vous, soldats.

 

Les jeunes s’étaient racontés à ce prêtre ouvert et sympathique, ils avaient évoqué leur région d’origine, leur famille, dit leur espoir et leurs illusions.

-         Que Dieu vous protège, mes enfants, dit alors le curé avec émotion.

-         De quel dieu parlez-vous, monsieur le curé ? osa Ernest qui n’avait jamais manqué de culot.

-         Pourquoi cette question ? Quelle idée ! Tu rigoles ?

-         Hé pardi, nos collègues marocains qui sont quand même plus nombreux que nous, prient beaucoup et souvent, mais leur interlocuteur n’est pas Jésus, que je sache !

-         Il n’y a qu’un seul Dieu, mon garçon, l’Unique.

-         De toute façon, que ce soit Jésus, Mahomet, Bouddha ou Vishnou, c’est du pareil au même. Dieu c’est Dieu, tout le reste, c’est des histoires inventées par les hommes pour enjoliver, insista Ernest, subitement très inspiré.

-         C’est, en gros, ce que vient de te dire monsieur le curé, remarqua Simon.

-         D’ailleurs une fois, précisa Jules, Driss m’a raconté la scène du sacrifice demandé à Abraham. Eh bien, c’est carrément la même histoire que nous avait rapportée notre curé Gaillard quand, gamin, j’allais au caté !

-         Un sacré Gaillard ton curé de village, s’amusa Ernest !

Le prêtre, qui avait bien involontairement déclenché cette très sérieuse discussion, souriait. Il expliqua alors :

-         Abraham était le père d’Ismaël, ancêtre des Arabes, mais aussi le père d’Isaac, ancêtre des Hébreux. En réalité, Juifs, chrétiens et musulmans se considèrent tous comme les fils d’Abraham.

-         Si je comprends bien, c’est encore Bibi qu’a raison, siffla Ernest, satisfait.

-         Et moi, je comprends que les Allemands ne descendent sûrement pas d’Abraham, eux ! Sinon ils ne seraient pas sur le point de faire la guerre à toute l’Europe, conclut Jules.

 

 

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Cher Petit - 7 - Positions en Moselle

 

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