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Cher Petit - 8 - Pèlerinage  

 

Le 20 décembre 1939

 

« L’ennemi se déguise en l’ennui… »

Verlaine

 

Positions en Moselle

 

Cet automne-là, le temps avait été épouvantable. Il avait plu comme jamais, des pluies torrentielles. Les rivières et les ruisseaux gonflés d’une eau sale, marron, tumultueuse, sortirent de leur lit, inondant les champs et les prairies.

Les intempéries avaient souvent été une excellente raison pour annuler les exercices ou stopper, pour un temps, les travaux d’organisation du terrain : consolidation des positions et même, ici et là, construction de nouvelles structures bétonnées.

Puis, l’hiver, lui aussi, prit ses quartiers. La neige et le froid parachevèrent l’engourdissement de la troupe et, le moral des hommes désœuvrés, tomba au plus bas. Ils se pressèrent alors dans les bistrots de villages, accablés par le doute et l’ennui.

 

-         Qu’est-ce qu’on s’fait chier ! Mais qu’est-ce qu’on s’emmerde !

-         C’est toi qu’y nous fait chier de te plaindre tout le temps ! cria Ernest, fatigué, au soldat débraillé, jambes écartées et bras ballants, avachi sur une pauvre chaise cannée, cironnée. Ce pauvre siège récupéré, avait dû avoir belle allure à l’époque où il jouait son rôle initial de meuble de salle à manger bourgeoise.

-         Tu nous fais chier et en plus, tu nous empêches de jouer, ajouta Ernest qu’un maigre mégot, collé au coin des lèvres, n’empêchait pas de s’exprimer clairement.

-         Si au moins, j’savais jouer au tarot, pleura encore le premier.

-         Tu nous f’rais chier quand même !

-         Si vous voudriez m’apprendre…

-         Pas l’temps ! Et d’abord apprends à causer Français !

-         Pas l’temps, pas l’temps… Elle est pas mauvaise celle-là. On n’a qu’ça à foutre !

-         Bon Dieu, ferme-la ! Tu m’embrouilles !

 

Chaque soir, les soldats de la compagnie de Jules se bousculaient dans cette petite baraque, installée dans un coin de l’espace boueux qui faisait office de place à ce petit bourg, proche de Sierck. La frontière était toute proche, l’Allemagne et le Luxembourg étant à deux pas. Juste avant, il y avait de grands bois et les ouvrages de la ligne Maginot qui poursuivait sa route protectrice encore un peu plus à l’ouest, jusqu’à Montmédy. Après, plus rien, inutile, c’était la Belgique…

 

Sur la porte du pauvre bâtiment, fait de larges planches grossièrement équarries, des soldats avaient accroché une pancarte sur laquelle on pouvait lire ces mots tracés, à la peinture blanche, en lettres cursives, scolaires : « Les privés d’amour ».

Là, les soldats avaient improvisé une sorte de foyer où ils se retrouvaient pour boire, jouer, lire, écrire à leurs proches et amis des messages rassurants, tout cela autour d’un antique poêle à bois et dans une chaude ambiance enfumée et bruyante.

 

 

André, le soldat exclu du jeu, que tous, à cause de son embonpoint appelaient Gros Dédé, demanda bêtement :

-         Z’avez bientôt fini ? Faut être rentrés pour neuf heures.

-         La barbe ! lâcha Ernest.

-         La barbe et les cheveux, compléta Driss, heureux de replacer, comme un gosse, une réflexion qu’il ne faisait que répéter.

-         Alors, là ! Question cheveux, Gros Dédé l’est passé à côté l’jour de la distribution, se moqua Ernest.

-         Ça c’est vrai, y paraît qu’il est né sans un poil sur le caillou, affirma Simon, tout à coup décidé, lui aussi, à apporter sa contribution à l’entreprise de démolition de leur camarade.

-         L’a rien d’un troufion c’gaillard-là, gras comme un moine et la même figure que çui qui s’marre sur les boîtes de camembert !

La salle entière s’esclaffa bruyamment. Tous avaient compris qu’Ernest ne s’arrêterait plus. On attendait la suite…

Le quatrième joueur, un jeune Marocain, petit et râblé, les yeux plissés et rieurs, Stitou, mais que le groupe avait baptisé Titou, hurlait d’un rire strident et saccadé.

-         Qu’est-ce qu’y s’marre bêtement, çui-là, interrogea Gros Dédé, l’œil mauvais ? Y sait même pas c’qu’est un moine !

-         Si, si, j’y sais, gloussa Stitou, entre deux hoquets. C’est un gros curé !

-         Bravo ! cria Ernest. Titou, y sait tout et moi, je fais des vers sans en avoir l’air.

 

Le petit local enfumé sombrait dans une douce folie, une ivresse incontrôlée. A chaque fois, c’était ainsi. A partir d’un rien, on s’amusait de l’un, de l’autre et, petit à petit, cela prenait de l’ampleur, perdait toute mesure.

 

 

Le village avait été évacué. Seuls, quelques irréductibles paysans avaient refusé d’abandonner leur ferme, leurs biens. Le pillage de nombreuses maisons vidées de leurs occupants leur avait donné raison. Les soldats allaient acheter du lait, mais aussi du rhum et de l’eau-de-vie chez ces quelques habitants, des vieux, têtus mais accueillants et curieux. Et ce soir-là, les occupants de la baraque ne burent pas de lait !

Ernest, de moins en moins à la partie, avait donc décidé de ne pas lâcher Gros Dédé.

-         T’nez vous bien ! C’coco-là, quand on est arrivés l’aute semaine, l’a cru un moment qu’on avait débarqué en Bochie !

Gros Dédé comprit tout de suite où Ernest voulait en venir, alors il le coupa d’une voix forte :

-         Et alors ? C’est pas ma faute si les gens du coin baragouinent un patois qui tire vachement du côté de l’allemand !

-         Quand même, c’jour-là, la grand-mère du bout d’la rue qui nous a offert des bols de lait sucré avec des tartines grandes comme la main, c’était pas un accueil de Boche, tout d’même !

L’assemblée rit de plus belle. Décidément, c’était certain, Gros Dédé serait la tête de Turc toute la soirée !

 

Jules, installé sur le coin d’une petite table, proche des joueurs, pendant tout ce temps, sans rien perdre du spectacle bien rôdé que donnaient ses camarades, avait écrit plusieurs cartes, de ces cartes-lettres spécialement conçues pour la correspondance militaire. Il avait ensuite reculé sa chaise et déployé un journal, une feuille vieille de plusieurs jours. Mais qu’importe, il ne pouvait s’empêcher de lire les commentaires et spéculations de plumitifs qui, en réalité, il en était pourtant convaincu, ne savaient rien.

-         A vous entendre tous rire de si bon cœur, vous n’avez pas besoin des histoires drôles que publie le journal, dit-il alors que tous, sauf Gros René, évidemment, reprenaient à peine leur souffle.

-         Des blagues dans l’journal ? s’étonna Ernest. Ça changerait des boniments, dis toujours pour voir…

Et Jules, d’une voix posée, sérieux comme il pouvait l’être à l’école, se mit à lire : « Venant de mourir, Hitler se présente aux portes de l’enfer, où il est reçu par Satan en personne. Mais celui-ci lui ferme la porte au nez. Il s’en va et revient au bout de cinq minutes avec une boîte d’allumettes et un paquet de fagots – Ecoute, Adolf, lui dit-il, il y a une limite à ce que nous pouvons endurer ici ! Prends ça et fais-toi un enfer, pour toi seul, ailleurs… »

Le temps que dura la lecture, ce fut le silence, contraste saisissant avec le moment d’euphorie qui avait emporté, juste avant, la pièce surchauffée.

-         T’appelles ça une histoire drôle ? interrogea Ernest avec une moue à laquelle son minuscule mégot, à présent éteint, était comme associé.

-         C’est écrit « Histoires drôles publiées dans les magazines anglo-américains » précisa Jules.

-         Ah, bon ! Ça s’explique ! Les Rosbifs y rigolent pas des mêmes choses que nous, c’est bien connu, lâcha Ernest, comme soulagé.

-         Y sont même plutôt cons, enchaîna Simon. Cette histoire est à chier, faut vraiment être cons pour mettre Hitler dans une histoire soi-disant drôle. Quand on pense à l’enfer, justement, que les Boches ont causé en Pologne !

-         De toute façon, c’coup-ci, ça s’passera autrement. Nos huiles sont en pleine discussion avec les huiles boches pour trouver une solution sans qu’y ait d’grabuge.

La joie et le délire engendrés par les moqueries lancées à l’encontre de Gros René étaient passés. Ernest, oubliant ce moment de défoulement qu’il avait provoqué, avait changé de ton et défendait la même position depuis des semaines.

-         On peut toujours rêver, souffla doucement Simon, désabusé.

-         Alors, comment t’expliques cette absence de castagne ?

-         Je ne l’explique pas, mais sûr que tout ça n’est pas normal.

Gros Dédé, heureux de ne plus être la cible du groupe et satisfait du sérieux de la conversation, osa s’y glisser en s’adressant à Jules :

-         Chef, et les communiqués, qu’est-ce qu’ils disent ?

Le sous-officier reprit l’exemplaire du « Matin » qu’il avait déjà replié, chercha un peu, et se remit à lire :

-         Voilà : « Activité locale des éléments de contact et de l’artillerie… Rien d’important à signaler sur le front au cours des dernières nuits … »

-         Tiens ! s’exclama Ernest, presque triomphant. Vous voyez, y s’passe rien. C’est la guerre depuis presque quatre mois et y s’passe rien !

Gros Dédé ne put s’empêcher de corriger :

-         Rien, c’est vite dit. La semaine dernière, en premières lignes, on s’est sérieusement fait canarder !

-         Tu parles, Charles ! Juste de quoi faire rigoler les anciens de 14 !

-         Justement, en 14, au moment des offensives les plus terribles, les communiqués affichés à la porte des mairies disaient : « Rien à signaler », reprit Jules.

-         Ça, c’est la vérité, acquiesça Simon, en reposant son verre vide, et ça n’manquait pas, à chaque fois, de mettre en rogne les vieux restés seuls au village.

 

 

Il y avait longtemps que la nuit était tombée, quand le groupe décida de regagner le grenier où il cantonnait depuis plusieurs jours. La rue était un véritable cloaque alimenté par de minces rigoles de purin qui s’écoulait des énormes tas de fumier posés devant les maisons.

Le gel avait déjà durci la surface des flaques brunes, rendu la chaussée glissante et transformé en pièges les pavés qui bordaient les maisons. Passer par-là, dans l’obscurité et le froid, n’était pas sans risques.

 

Chacun avait fait son nid dans le foin. Il s’en dégageait une bonne odeur qui apportait du plaisir à tous les gars de la campagne. Un plaisir cependant frustrant car mêlé de nostalgie. Jules n’était pas fils de paysan, mais cette atmosphère lui était néanmoins familière, la plus grande partie des maisons de Champagney étant des fermes. De plus, il avait toujours participé à la fenaison pour l’un ou l’autre, parents et amis, chacun ayant besoin de foin pour ses trois ou quatre vaches, ses quelques moutons, sa poignée de lapins.

Après avoir déployé sa couverture, Jules rassembla toutes ses affaires en un même tas, ses musettes de toile et son sac, si précieux pour le fantassin. On trouvait rangés là-dedans des vivres de réserve, des couverts et un quart en aluminium, un bonnet de police, différentes brosses, une boîte de graisse, un pansement, des munitions bien sûr, et encore des effets de rechange : chemises, tricots, chaussettes et mouchoirs. Des provisions personnelles étaient encore dispersées ici et là : un saucisson sec, du chocolat et un peu de fromage. Jules possédait aussi une moitié de toile de tente, un bidon pouvant contenir deux litres, une gamelle et un masque à gaz.

Sanglé dans un large ceinturon, dans ses cartouchières et plusieurs autres bretelles de cuir, la baïonnette au côté, il tira son mousqueton tout contre lui. Il avait enfilé un passe-montagne et ajusté une large écharpe que Lisa avait tricotés avec de la grosse laine grise. Enroulé dans sa couverture, tirée jusque sur le nez, il s’était encore glissé dans sa toile de tente fermée comme un sac. Il se mit en chien de fusil, ferma les yeux, espérant le sommeil.

 

Les hommes de son groupe, une douzaine, étaient tous là, éparpillés dans ce grenier qui surplombait une petite étable. Les quelques vaches qui y logeaient n’étaient pas tranquilles. Sentant la présence des hommes, elles étaient agitées.

Jules, après quelques minutes, ouvrit les yeux. Il aperçut à travers une série de trous carrés, aménagés dans le mur en face de lui, le ciel parsemé d’étoiles, comme autant de clous de diamant. Il faisait froid et la température allait sûrement encore s’abaisser.

Il comprit qu’il ne parviendrait pas à s’endormir aisément. Pas à cause du froid. L’esprit encombré, il songea aux semaines passées, aux événements banals qui s’étaient succédé : les travaux de terrassement effectués avant que le mauvais temps ne s’installe, des artilleurs venus mettre en position leurs canons de 75 motorisés, la découverte – un jour d’accalmie – d’impressionnants blockhaus neufs et de leur superbe coupole d’acier …

 

Il pensa aussi à ce séjour aux avant-postes, avec sa section, seule en pleine forêt, sous les tirs incessants des mitrailleuses allemandes et les envois réguliers d’obus sur leurs positions. Les propos d’Ernest lui revinrent alors en mémoire et il se dit que, si la guerre tardait à montrer son véritable visage, ce qu’il avait vécu jusque-là lui ressemblait pourtant déjà pas mal !

En plus, leur secteur, avec celui de Forbach, faisait exception à l’espèce de trêve tacite que s’étaient consenties les deux parties et qui semblait être la règle sur l’ensemble du front. Ici, les Allemands réalisaient de fréquents coups de main avec usage de mitrailleuses et de mortiers, enlevant régulièrement des postes et faisant, au total, quantité de prisonniers. Aussi, il fallait être très vigilant quand on était en premières lignes.

Jules revécut encore, dans ses moindres détails, cette patrouille qu’il avait conduite la semaine précédente, entre la ligne de forts et la frontière, dans cette partie du sol national d’une douzaine de kilomètres de largeur qui était devenue un no man’s land.

 

 

 

 

Chaque pas s’enfonçant dans la neige faisait craquer la surface de l’épaisse couche durcie par le gel. Cela provoquait un bruit léger aussitôt suivi par celui des brodequins s’enfonçant dans la matière blanche et onctueuse, une sonorité plus moelleuse, plus mate. Dans le silence pur de la nuit glacée, cette sorte de partition naturelle était amplifiée, démultipliée.

Car trois hommes suivaient Jules, presque à tâtons : Ernest, Driss et Stitou. Ils avançaient lentement, chacun concentré sur la masse sombre du camarade qui le précédait. Muets et tendus, les doigts crispés sur le fusil – ils ne sentaient pas sa froideur car ils avaient mis des gants de laine -, les soldats, malgré tous leurs efforts, étaient bruyants. Ils le savaient…

Le froid, impitoyable, mordait avec joie les joues, le nez et le front, soudait leurs lèvres givrées. Et pourtant, les soldats transpiraient, la sueur collant leur tricot de corps sur la peau.

Un mince croissant de lune les accompagnait. Après avoir péniblement traversé un sous-bois peuplé de grands arbres clairsemés avec, dispersés un peu partout, des tas de branches et des piles de bois façonné d’un mètre de hauteur, prêts au transport – en réalité une coupe abandonnée -, ils suivirent ce qui semblait être, dans l’obscurité, un chemin forestier. Deux étroites ornières, creusées par les roues de charrois, compliquaient la marche.

A un moment, brusquement, il n’y eut plus de neige sur le sol. Une longue rangée d’épicéas avait empêché les flocons de s’amasser sur le tapis fait d’aiguilles entremêlées et de branches brisées en petits morceaux. Le bruit de leurs pas s’en trouva aussitôt changé. Les craquements cotonneux devinrent cassants, agressifs, beaucoup plus sonores à cause de la nature du sol, tellement différent tout à coup.

Surpris, Jules s’arrêta net. Ernest, juste derrière, trop près, le bouscula. « Merde ! » lâcha-t-il. Les deux hommes s’effondrèrent la tête la première, le deuxième sur le dos du premier. Presque immédiatement, une détonation retentit, puis une autre, suivie d’une troisième. Ce fut une pétarade qui dura plusieurs minutes.

Les deux Français, allongés l’un contre l’autre, le nez dans les brindilles piquantes, tenaient fermement leur arme. Driss et Stitou, d’un bond, les avaient rejoints au fond de l’ornière.

-         Sur quoi qui tirent ces cons-là ? On n’y voit que dalle, bredouilla Ernest.

-         Sur le bruit qu’on a fait, murmura Stitou.

-         Chut ! Fermez-la ! ordonna leur chef.

Et le silence reprit possession de la nuit. Un long moment passa. Les tirailleurs, couchés maintenant sur le dos, tous les sens en éveil, retenaient leur souffle. Ernest, le plus doucement qu’il put, finit par demander :

-         Qu’est-ce qu’on fait ? On va g’ler dans c’trou.

-         On fait demi-tour, répondit Jules et il se mit aussitôt à ramper.

Il remonta ainsi une partie du sentier qui était en dévers. Ses hommes le suivirent en progressant de la même façon. Il effectuèrent le chemin inverse, sur le ventre, accroupis ou par petits bonds, pliés en deux, faisant de nombreux arrêts, aux aguets, sensibles au moindre bruit, aux plus légers mouvements de la forêt et de la nuit. Rien ne vint interrompre leur retraite. Les Allemands sur lesquels ils étaient tombés, une patrouille semblable à la leur, effectuaient probablement le même mouvement vers leurs propres positions.

Ce n’est que vers trois heures, après plusieurs heures de divagation nocturne, qu’ils retrouvèrent leurs camarades angoissés et curieux. Epuisés, trempés par la neige au-dehors et par la transpiration au-dedans, ils étaient heureux de s’en sortir de cette façon.

 

 

Jules se retourna. Il aperçut les yeux brillants de son voisin. A voix basse, il souffla :

-         Tu ne dors pas Driss ?

-         Non, chef, impossible… Je pense à mon pays.

-         Ça ne doit pas être facile pour toi et tes compagnons.

-         C’est trop étrange. Quand le bateau a quitté l’Afrique, j’étais plein de tristesse parce que je quittais mon pays et, en même temps, à l’intérieur de moi, c’était comme si j’étais heureux…

-         Bizarre, en effet, ces sentiments opposés. Mais ici, dans ce bled pourri, cet hiver, ce froid et la guerre qui est là tout de même.

-         Oui, je n’avais pas imaginé ça.

-         Je repensais à notre glorieuse patrouille de l’autre nuit. On n’en menait pas large quand même… Quelle chance d’être rentrés tous entiers.

-         Oui, chef, aussi quelle peur ! Je n’ai pourtant pas oublié les paroles du lieutenant, le jour de notre arrivée, quand on est descendus du train : « Je veux que vous soyez un jour des combattants qui comptent…

-         …que vous ne tombiez pas par votre faute, que vous ne soyez pas du gibier, mais des chasseurs. » termina Jules. Je me rappelle très bien son discours. Alors que penses-tu de notre sortie, gibier ou chasseur ?

-         On est venu défendre la France le mieux qu’on peut, chef. Inch Allah !

 
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Cher Petit - 8 - Pèlerinage

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