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Le 15 mai 1940

Le Général Grandsard, commandant le 10ème Corps, au général Lafontaine, commandant la 55ème DI sur la Meuse.

« Il faudra aux Allemands des semaines, sinon des mois, pour monter une attaque. Nous en sommes toujours à la prise de contact avant l’engagement. Vous êtes tranquille pour au moins huit jours … »

 

Le 12 mai 1940

 

« Nous sommes à bout : j’ai vu beaucoup de misères et pourtant nous l’avons fait. Les meilleurs d’entre nous sont tombés à Gembloux. »

Caporal-chef Mathias

3ème Cie du 1er Bat du 12ème Schützenregiment

 

 



Le choc de Gembloux

 

 

A l’aube du 10 mai 1940, les parachutistes allemands se jetèrent sur Rotterdam. Aussi, dès 7 h 30, les avant-gardes françaises entrèrent en Belgique. La folle mécanique était lancée et, désormais, tout alla très vite.

 

Deux jours durant, les colonnes françaises montèrent, en toute liberté, vers le nord. La 1ère Armée du général Blanchard prit position dans la trouée de Gembloux qui, à l’instar de celle de Belfort pour la France, était la classique route des invasions. Si la région belfortaine a, dès le XVIIème siècle, été puissamment fortifiée, le passage de Gembloux, plaine de cinquante kilomètres de large entre la Dyle et la Meuse, n’offrait même pas un seul obstacle naturel. Alors, les Français se massèrent derrière la voie ferrée Bruxelles-Namur, la seule barrière susceptible de contenir un assaut. (1)

La preuve que le commandement français attendait là, le choc principal, réside dans la qualité des troupes qu’il avait choisies pour défendre ce secteur : sa meilleure armée, la 1ère, constituée de huit divisions d’infanterie ainsi que de deux divisions légères mécaniques (DLM). Bien pourvue d’artillerie et d’armes antichars, ayant devant elle les excellentes DLM et derrière, les puissantes DCR (divisions cuirassées de réserve), chaque division de cette armée devait défendre un front moyen de cinq à six kilomètres seulement.

Ignorants des subtilités de la stratégie, les hommes de troupe allaient vivre d’éprouvantes journées de combat, beaucoup allaient mourir.

 

 

Le soleil, énorme disque flamboyant, venait de plonger derrière l’horizon. L’accalmie commença avec les dernières lueurs du jour. C’était en réalité, une tranquillité toute relative car, par intermittence, le bruit sourd des canons retentissait et, de loin en loin, des explosions qui, à chaque fois faisaient se tasser les hommes, déchiraient l’air. En arrière, la ville toute proche était illuminée et bruyante de nombreux incendies qui crépitaient. Le bois des vieilles charpentes était sec, elles prenaient feu comme des fagots préparés pour l’hiver. Parfois, des toits ou des pans de murs s’effondraient dans un fracas effrayant.

 

 

 

 

 

(1) Les Belges et les Britanniques s’installèrent plus au nord encore, derrière la Dyle et la 9ème Armée française au sud, le long de la Meuse.

 

Jules et les soldats de sa section, épuisés, le visage couvert d’une pellicule durcie faite de sueur et de poussière, les capotes souillées de terre, contemplaient ce tableau hallucinant.

-         Quelle horreur ! lâcha Simon, le dos appuyé sur le bord de la tranchée qui l’avait abrité deux jours entiers.

-         Faut espérer que les gens ont pu s’tailler à temps, dit Ernest toujours cramponné à son fusil-mitrailleur dont le canon était brûlant.

 

Les douilles s’étaient amoncelées sur le sol, tout autour. Elles semblaient en aussi grand nombre que les gros cailloux anguleux et noirâtres qui composaient le ballast. Jules, dans un souffle, murmura :

-         C’est pas sûr, tout a été si vite.

-         Pourtant, avant-hier qu’est-ce qu’on à pu voir déambuler comme monde, rappela Ernest.

-         Sûr, poursuivit Simon, il est passé des villages entiers, les élus en tête, suivis de familles complètes, du nouveau-né à l’ancêtre et des fois avec les animaux par derrière. Quel triste spectacle !

-         Justement, reprit Jules, c’étaient des villageois. C’est pas sûr que Gembloux ait pu être complètement évacué.

 

Les soldats se hélaient doucement, discutaient par petits groupes. Il y avait là, dans un périmètre restreint une dizaine de mitrailleuses installées. A peine plus loin, sur le même axe, étaient pointés les mortiers et les canons antichars de la compagnie. Certaines positions avaient été aménagées directement dans le talus de la voie ferrée et les trous individuels creusés rapidement, recouverts de branches et améliorés par des parapets de terre et de pierres.

 

-         C’que j’n’ai pas avalé, continua Ernest, c’est toute la troupe qui s’barrait avec la population, tous les troufions belges, et puis les nôtres, et tous nos chars, et nos véhicules blindés qui nous sont passés sous l’nez en nous laissant l’boulot.

Peut-être qu’ils sont allés se r’mettre en ligne pas loin, suggéra le sous-officier d’un air peu convaincu (2).

 

 

 

 

 

(2) Le 13 mai, les soldats du 1er RTM voient passer, mêlés à la cohue des réfugiés, les chars de la 3ème DLM. La veille, ceux-ci avaient participé au combat d’Hannut – à 30 kilomètres plus à l’est –, première bataille de chars de l’histoire, combat arrêtant l’élan du 16ème corps blindé allemand.

 

-         Mon cul, oui ! Y z’avaient pas l’air d’avoir envie de r’mettre ça d’sitôt !

-         Tais-toi donc ! grommela Simon, la bagarre commence à peine. On a quand même les moyens d’arrêter les Boches, ici, en Belgique.

-         Si tu l’dis !

-         Et l’armée française est une grande armée parce que la France est un grand pays, ânonna Driss.

-         Alors là, ça m’la coupe ! siffla Ernest, rideau !

 

A présent, les brancardiers, en se hâtant, ramassaient les blessés et les morts. La journée avait été terrible. Bien sûr, on avait réussi à stopper les Allemands, les canons antichars ayant fait merveille et la troupe tenu ses positions avec courage. Mais à quel prix ! Les blessés, l’étaient tous gravement et la mitraille avait affreusement mutilé les corps et réduit nombre de cadavres en lambeaux. Le sang se mêlait en abondance à la terre des champs environnants fraîchement labourés et ensemencés. Jamais encore, les tirailleurs n’avaient vu de pareilles horreurs.

 

La tête encore pleine du bruit et de la fureur de cette journée de combats, assommés par le fracas des explosions incessantes et par le hurlement des avions ennemis, les soldats, toujours crispés sur leurs armes, fatigués et assoiffés, gardaient tous leurs sens en éveil.

 

Lentement, l’obscurité enveloppa le champ de bataille et, par contraste avec la chaleur du jour écoulé, la nuit leur parut froide. Si les paupières avaient, parfois, tendance à se fermer, c’était pour une fraction de seconde seulement, tant les nerfs des hommes dominaient le sommeil.

 

A la nuit noire, une corvée revenue de l’arrière, apporta la soupe.

 

 

-         Ah ! Enfin, c’est pas trop tôt ! s’exclama Ernest.

-         On a plus soif que faim, déclara Simon.

-         Les deux ! Les deux ! Pas vrai, Gros Dédé ?

Ce dernier était sorti lentement de la cavité qui le cachait. Il rejoignit à tâtons le groupe réuni à l’abri de la voie de chemin de fer, tous assis sur la pente du remblai. Pâle, engoncé dans son harnachement de courroies de cuir et embarrassé de ses sacs lourds de munitions, l’homme ôta son casque avec peine, la jugulaire butant sous le menton rebondi. Il sortit d’une poche un vaste mouchoir à carreaux, s’essuya le front, le crâne et puis le cou. Il confirma enfin :

-         C’est sûr qu’il est temps de casser la graine ! Rien dans l’buffet depuis hier ! J’suis mort de faim au fond de c’trou à rat.

-         Ne parle pas comma ça ! s’exclama Ernest, trop d’gars sont morts pour de bon dans leur trou.

 

Les gamelles et un bouteillon en aluminium attendaient posés sur la caillasse. Ernest, tout en commençant à servir le vin, appela :

-         Qu’est-ce que vous foutez ? C’est l’moment de s’rincer l’gosier ! On l’a bien mérité, merde !

 

Driss et Titou, les chargeurs de Simon et d’Ernest, apparurent, tels des fantômes, et s’intégrèrent à l’étrange bivouac nocturne. En dépit de l’atmosphère dramatique renforcée par la lumière d’une lune tronquée, c’est avec satisfaction que les soldats se préparaient au seul repas de la journée. Ils burent avec avidité. Plusieurs vidèrent leur quart d’un trait. Ernest en faisant claquer la langue, commenta :

-         Y a mieux, mais c’est plus cher !

-         Et l’service, l’est pas terrible, bafouilla Titou.

 

A jeun, le vin chauffait les veines des hommes. Ils rirent comme si de rien n’était, la fraternité et la simple convivialité de cet instant éclipsant, pour quelques minutes seulement, tout sentiment de péril.

Les écuelles remplies, ils avaient à peine commencé à manger qu’un bruit de moteur rompit brutalement cette pâle quiétude.

-         Nom de Dieu ! hurla Jules, des avions chleuhs ! Planquez-vous !

 

Ils sautèrent, pêle-mêle, dans les trous et les saignées les plus proches. Deux avions étaient déjà sur eux, les couvrant d’un bruit infernal fait de leur vrombissement et du crépitement des mitrailleuses en action. Une averse de balles fit gicler les cailloux en éclats tranchants, voler la terre. La vaisselle métallique fut renversée, dispersée tout alentour, cabossée et trouée.

Le passage des appareils fut rapide et unique. Recroquevillés dans leurs crevasses, les hommes ne risquaient plus rien. Pourtant, le silence revenu, par peur et prudence, ils attendirent encore un assez long moment avant d’oser bouger.

 

Jules quitta sa cachette le premier. Tout de suite, il distingua dans la pénombre, la masse sombre du corps étendu sur son lit de cailloux. Gros Dédé était couché sur le dos, comme endormi, la tête en arrière, les bras le long du corps. Son uniforme était déchiré en plusieurs endroits, des cuisses à la poitrine. Son casque qui avait roulé tout en bas de la pente était percé d’une large crevasse aux bords de métal recourbé. Jules se précipita :

-         Gros Dédé est touché !

 

Il s’accroupit, les mains en avant. Il les retira aussitôt dans un mouvement de recul, elles étaient recouvertes du sang poisseux qui s’écoulait en abondance des trous causés par les projectiles. Alors, le chef dit simplement à ses hommes atterrés et muets, rassemblés maintenant autour de lui :

-         Il est mort.

-         Les fumiers, y l’emporteront pas au paradis ! menaça Ernest.

-         Vingt Dieux ! C’est pas d’pot, être tué si bêtement après une journée si dure, commenta Simon.

-         Tu parles, dégommé pendant la bagarre ou comme ça, le résultat est le même, renchérit Ernest.

-         Pauvre vieux, quand même. Il n’a même pas eu le temps de bouger, remarqua encore Jules tout en lui ôtant sa plaque d’identité.

-         C’est Allah qui décide du destin, c’est ni toi, ni moi, souffla Driss comme pour conclure cette vague de fatalisme.

 

Tous conscients de l’horrible loterie dont ils étaient chacun un numéro, ayant compris que c’était bien leur agilité qui venait de les sauver, ils se turent, graves et impressionnés, choqués que la mort vienne les frapper si près.

 

La nuit fut très courte, hachée de gardes, d’ordres passés d’homme à homme et de brèves plages d’un sommeil fragile et épuisant, une nuit percée de détonations isolées et aussi des meuglements de veaux abandonnés dans des étables proches. C’était lugubre et insupportable, mais, bien moins que le fond sonore de cette pénombre. Des heures durant, les chars et l’artillerie ennemis en mouvement, bourdonnèrent. Ce vacarme sourd et lancinant, fit naître angoisses et spéculations chez les soldats épuisés.

 

Le 15 mai, le soleil apparut dans un éclat rouge comme pour dire que la journée serait sanglante. Alors, à l’aube, les Allemands lancèrent une attaque d’envergure en conjuguant tous leurs moyens : artillerie, blindés et infanterie d’accompagnement. Mais le plus terrible était, encore et toujours, la ronde infernale de leurs avions.

-         Ça y est, bon Dieu,  la danse recommence ! hurla Ernest.

 

Quatre ou cinq avions, à la suite, venaient de déboucher du fond de l’horizon. Au loin, d’autres suivaient. Dans le hurlement des sirènes, cette première attaque fut foudroyante. Du sol, on distinguait nettement la grosse bombe arrimée sous le fuselage se détacher, suivie des quatre bombinettes fixées, elles, sous les ailes. Ce fut une noria diabolique abasourdissante mêlant le vacarme des piqués, les rafales des mitrailleuses, les explosions des bombes larguées en chapelets, la reprise des moteurs reprenant de l’altitude. Cette tragédie était également effrayante à voir.

Instinctivement, les tirailleurs, assis sur leurs musettes pleines de chargeurs, se blottissaient au plus profond de leur fosse, faisant un geste de protection. Quand ils se ravisaient, l’oiseau de mort était déjà loin.

Les soldats français n’avaient aucune expérience d’un ennemi omniprésent venu du ciel. Ils ignoraient que les sirènes dont les stukas étaient équipés avaient pour seul but d’effrayer.

-         Putain ! Quel boucan ! Qu’est-ce que ces bombes qui piaillent en nous tombant sur le coin du museau ? cria, pour pouvoir se faire entendre, Ernest à Jules.

-         J’en sais fichtre rien. Ce que j’voudrais bien savoir, c’est où sont nos avions à nous !

-         Et les zincs english ! On n’voit qu’des Boches !

-         Pour les voir, on les voit vachement bien ! On pourrait prendre en photo les pilotes dans leur cabine de verre. On les voit sourire !

-         On dirait qu’y s’foutent de no’t gueule !

 

On s’habitue à tout. Aussi, à la longue, les fantassins se ressaisirent-ils. Maintenant, à chaque passage, ils vidaient la totalité de leurs chargeurs sur les avions. Les mitrailleuses et les fusils-mitrailleurs tiraient sans interruption, les tireurs et les chargeurs s’échangeant les rôles afin d’être plus efficaces.

Tout à coup, un appareil, juste après avoir laissé tomber ses bombes qui se disloquèrent en une pluie d’éclats mortels, alla s’écrouler à proximité, dans un bruit de moteur inconnu jusque-là. Ce fut une explosion formidable. Une colonne de fumée s’éleva aussitôt, très noire et droite, du point de chute. Des cris de joie jaillirent des terriers et Ernest proclama, triomphant :

-         Un qui nous f’ra plus chier !

 

Les Français observaient toutes les positions de l’adversaire et concentraient leurs tirs de tous calibres sur chacun de ses mouvements. L’artillerie installée à Corroy, plusieurs kilomètres en arrière, tonnait sans arrêt. Ce feu devint si intense que les combattants allemands les plus âgés ne purent s’empêcher de le comparer aux barrages roulants de la Première Guerre. Ce grondement continu mit leurs nerfs à vif.

Depuis la butte d’Ernage, les canons antichars, aux coups bien ajustés, faisaient mouche sur les panzers et les automitrailleuses qui offraient des cibles faciles. Les blindés, cloués sur place s’enflammaient comme des torches avec leur équipage pris au piège. Parfois un homme, dévoré par les flammes, parvenait à s’en extraire en hurlant.

 

Dans la matinée la bataille faisait rage et, les Allemands, s’ils étaient cloués sur place, rendaient coup sur coup. Aussi, comme la veille, les pertes furent considérables. Certaines compagnies du régiment virent le tiers, voire les deux tiers, de leur effectif mis hors de combat car la mort frappait sans compter. De nombreux officiers furent blessés ou tués, laissant, au plus fort de l’affrontement et dans l’urgence, les décisions locales à des subalternes.

 

Vers treize heures, il fallut endurer une nouvelle attaque aérienne qui, en réalité, annonçait un assaut de l’infanterie. Le sifflement des balles se fondait au frou-frou agaçant des obus qui passaient avec régularité au-dessus des têtes. Les Français, littéralement collés au terrain se battaient avec opiniâtreté. Que la « drôle de guerre » semblait loin, en ces heures dramatiques ! Avait-elle jamais existé ?

 

La tête pleine du tac tac tac de leur arme, Titou, comme soudé à Ernest, l’alimentait en cartouches. Des éclats de rails et de traverses passaient au-dessus d’eux en miaulant. Le jeune Marocain s’écroula soudain sur l’épaule du tireur en poussant un cri, tué net d’une balle en plein front.

Le sang inondait déjà la figure du jeune Marocain et se répandait sur la manche de son partenaire qui appela à l’aide :

-         Ah ! Les vaches ! Merde ! Y z’ont eu Titou !

 

Très vite, Jules sauta dans le trou, poussa le mort afin de prendre sa place. A la guerre, les cadavres peuvent toujours bien attendre.

 

« Le but de la guerre est la destruction de la force militaire de l’adversaire. » avait appris Jules au cours de son instruction. Il réalisa, à ce moment précis, que la « force militaire » comprenait aussi les hommes. Ce détail le glaça, mais pas le temps de développer, il fallait se battre.

 

 

En dépit de ses morts et blessés, comme toutes les autres unités engagées dans la plaine de Gembloux, le 1er RTM ne céda pas un pouce de terrain. A la fin du jour, les tirailleurs étaient partagés entre la satisfaction d’avoir tenu en échec un ennemi puissant, de lui avoir fait subir de grosses pertes (3), et la tristesse d’avoir perdu tant de camarades.

 

Malgré ce succès, au cœur de la nuit, froid comme une lame, tomba l’ordre stupéfiant de repli. Au sein de la troupe, l’incompréhension fut totale. Les soldats, la rage au cœur, décrochèrent en bougonnant.

 

Comment pouvaient-ils comprendre qu’il était possible d’abandonner des positions intactes ?

 

Ce que ces soldats ne savaient pas, c’est que depuis deux jours les Allemands avaient passé Sedan, que l’attaque qu’ils avaient stoppée à Gembloux était, en réalité, une manœuvre de diversion, que les Alliés avaient été trompés en étant attirés au nord.

Au soir de ce 15 mai, ni les soldats anglais, ni ceux de la 1ère Armée ne connaissaient l’effondrement qui s’était produit – et qui se poursuivait – à leur droite. Ils ne pouvaient donc pas soupçonner que cet ordre de retraite précipitée auquel ils obéissaient en ronchonnant était déjà beaucoup trop tardif.

Les blindés allemands étaient à Montcornet depuis la veille et les armées du nord avaient déjà deux étapes de retard sur les formations mécaniques ennemies en train de les contourner et qui, dans peu de jours, allaient se retrouver sur leurs arrières.

 

De plus, le commandement n’avait pas conscience de l’ampleur du mouvement qu’il fallait ordonner pour échapper à cet enveloppement. Aussi, la plus grande partie de l’armée française allait-elle se trouver prise au piège dans une gigantesque nasse.

A partir de cet instant, les tirailleurs du 1er RTM allaient vivre une difficile retraite avec sur les talons les formations ennemies qu’ils avaient tenues en échec en Belgique. La guerre devait continuer jusqu’à ce que leur sacrifice fut entier.

 

 




(3) Au cours de cette bataille, la 3ème Panzerdivision avait perdu de 20 à 25 % de chars, la 4ème Panzerdivision de 45 à 50%.

 

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Cher Petit - 10 - Retraite

 

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