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LES BALLASTIÈRES À CHAMPAGNEY, Histoire du site

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29-10-2009


 

L’entreprise Drouard

 

L’exploitation des ballastières débute vers 1910. Le terrain appartient aux Chemins de fer de l’est, son but étant l’extraction de matériaux pour la construction des voies ferrées et des ouvrages d’art.

 

À l’origine a lieu un appel d’offre qui aboutit à l’installation de la société Drouard dont le siège social se trouve à Paris. À cette époque, environ soixante‑dix ouvriers sont employés à l’extraction du gravier et du sable.

Ils seront une centaine au plus fort de l’activité, une soixantaine dans les années trente, moins d’une centaine après 1945. Après cette date on ne fait plus les trois‑huit, le chantier n’étant pas éclairé, il n’est plus possible de travailler la nuit. Un excavateur est installé dans les années vingt ; il y a aussi des chaînes à godets et un concasseur. On produit des matériaux « roulés » : cailloux, gravillons et sable, mais aussi des matériaux concassés plus aptes à stabiliser les voies. Un embranchement ferroviaire desservait les houillères ainsi que les ballastières, un dispatching se trouvant sur la plateforme des houillères. Trois à quatre trains quittent chaque jour le site. Il n’y aura plus qu’un seul convoi quotidien après 1945.

  Ballastières - DrouartLes ouvriers posent devant l'excavateur appelé - au regard de sa taille - le "Titan".

Nous sommes au début du XXème siècle.

En 1913, la Compagnie des Chemins de fer de l’est construit un pont à tablier métallique sur le Rahin, qui aboutit non loin de la voûte de La Houillère. Il sera démonté par la société Drouard en 1950, la mairie de Champagney en ayant refusé l’acquisition.



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Dans le lit du Rahin, au bout des Ballastières (non loin de la voûte de la Houillère), on voit les piles du pont construit pour l'exploitation.

En novembre 1918 au Ballastires de Champagney.dat
Au même endroit, en 1918 (Archives Dalval-Beuveroux)


En avril 1934, commence l’exploitation d’une carrière de pierre sèche à l’endroit dit Sous‑Passavant. Là aussi il y a un concasseur. Cette petite carrière reprit vie après la guerre pour peu de temps, jusqu’en 1949.

 

Pendant l’Occupation, l’activité des ballastières sera réduite, les Allemands étant relativement indifférents à cette industrie. À noter que les frères Drouard étaient à la tête de deux sociétés, dont l’une travaillait à l’édification du Mur de l’Atlantique. Il n’empêche qu’à cette époque les Allemands utilisaient de la main d’œuvre civile et forcée pour charger les wagons.

 

Après la guerre, il s’agit de reconstruire le site, le matériel d’extraction est alors très endommagé. Les ballastières ont à ce moment le même aspect qu’aujourd’hui : deux plans d’eau séparés par un barrage, le second était une réserve alimentée par le Rahin. La profondeur d’extraction était de sept mètres. A l’époque une partie de la production est destinée à la région parisienne pour la reconstruction des ouvrages d’art.

L’ensemble est autonome. Il y a là des ateliers de réparation permettant d’intervenir sur des locomotives. En hiver l’exploitation est moindre, les plans d’eau pouvant être gelés de novembre à avril. D’importants dépôts sont constitués pour pallier ce handicap. Lors de cette période on fait aussi de la maintenance et les wagons sont toujours chargés à la main.

 

Peu à peu les chemins de fer abandonneront ce matériau au profit des crassiers de hauts‑fourneaux, plus rentables et aussi de matériaux de carrière extraits à Lepuix‑Gy.

L’exploitation cessera en 1950, le gisement étant épuisé. La société Drouard quittera alors Champagney non sans avoir procédé à quelques essais de l’autre côté de la route départementale, puis la SNCF revendra l’ensemble du site au syndicat intercommunal des Ballastières, premier pas vers la métamorphose d’une industrie spécifique en zone de loisirs et de détente.

 

 

  la plaine 1

  
La "Plaine" vers 1937. Une barrière de lattes séparait la route des Ballastières. Au milieu de l'image, au fond, on aperçoit l'excavatrice, à droite la ligne de chemin de fer et ses wagons. (Archives Maurice Boillat)



la plaine 2

 

   
La "Plaine", vers 1937, au premier tournant en quittant Champagney. A gauche, on voit les rails du tacot, à droite la barrière de lattes qui longeait les Ballastières et les pylônes apportant à Champagney l'électricité depuis la centrale électrique de Ronchamp. (Archives Maurice Boillat)

 

     
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Ce texte est extrait de :

 

     

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Histoire locale