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Maires et Municipalités

(1900‑1940)

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Sur cette carte d'avant 1903 (Il n'y a pas la lampe dans l'angle de la mairie), la façade de la mairie est recouverte de publicités : Ripolin, Quiquina, Dubonnet, Guérin Boutron, Oxygénée cuisinier.
 



A la fin du siècle dernier, le maire de Champagney est Jules Pezet (1853‑1937) élu en mai 1896 à l’âge de quarante‑trois ans. A l’époque les élections municipales ont lieu tous les quatre ans. Jules Pezet est réélu en mai 1900, mais des problèmes de gestion l’obligent à démissionner avant le terme de son mandat. C’est son premier adjoint Jules Piguet (1863‑1931) qui assure l’intérim de septembre 1903 jusqu’à la date normale des élections suivantes qui ont lieu en mai 1904.

 

A cette occasion, Jules Piguet constitue une liste et se présente (Le conseil municipal est, comme aujourd’hui, constitué de vingt‑trois élus). Il est alors battu par l’équipe conduite par Jules Décey (1846‑1933) qui est donc élu pour la première fois maire de Champagney.

Cet instituteur à la retraite, alors âgé de cinquante-huit ans, sera réélu en 1908, puis en 1912. C’est un homme de stature moyenne qui porte le faux‑col ainsi que l’incontournable moustache de l’époque. Il a marqué de son énergie et de ses idéaux républicains la gestion communale. Par ses trois mandats successifs, puis par son importante œuvre dans le domaine scolaire : la construction de deux écoles (l’école des filles au Centre en 1907 et celle de La Piotnaz en 1912) et l’agrandissement de l’école d’Eboulet en 1905. Jules Décey lance encore le programme d’électrification du village commençant par le Centre en saisissant l’opportunité de la présence du génie du meunier Gustave Lods (Propriétaire du moulin situé à l’entrée du village, il avait installé un moteur électrique et une dynamo et produisait de l’électricité pour son propre usage. En 1904, il passe un traité avec la mairie pour l’éclairage du Centre et des bâtiments communaux).

 

mairie papier



Ces élus sont de gauche, « rouges » en cette première décennie, socialistes, puis SFIO et radicaux plus tard (Les registres de délibérations du conseil municipal sont parsemés d’indices allant dans ce sens. Ainsi en mars 1937, les conseillers votent la somme de 500 francs pour la mairie de Lille qui lance alors une souscription dans le but d’ériger un monument à la mémoire de son ancien maire Roger Salengro (maire de l’époque : Jules Taiclet).

Le 17 janvier 1947, l’assemblée municipale décide d’adresser « ses sympathie au citoyen Vincent Auriol, président de la République » - socialiste qui fut ministre des finances du Front‑Populaire en 1936‑37 -  (maire de l’époque : Henri Roth).

Le 9 septembre 1951, elle demande le maintien du vieux principe républicain : « A l’école publique, subventions publiques ; à l’école privée, subventions privées » (maire de l’époque : Jules Taiclet).

La République fille de 1789 est leur régime et la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État les réjouit. Il ne tient qu’à un fil que le curé Parisot ne soit mis dehors.

Malheureusement, maire pendant les turbulences de la guerre, ère des restrictions et des réquisitions, Jules Décey fera inévitablement des mécontents, le premier magistrat devant trancher, prendre des décisions contrariant  tel ou tel (Pourquoi prendre ma vache et pas celle du voisin ?). Conscient de la chose, il ne se représentera pas une nouvelle fois après la guerre. Il faut dire qu’au sortir du conflit c’est un homme âgé qui aspire vraisemblablement à un repos largement mérité.

 

Cet homme actif descendait au Centre tous les matins, faisant une halte au café Grisey (Macapoix) à la gare où l’attendait « Le Petit Journal », lié à l’Inspecteur d’académie Hodin, il restera toujours sensible à tout ce qui concernait l’école, son sujet de prédilection. Longtemps, il gardera l’habitude de s’accouder à la barrière de l’école du Magny absorbé par le spectacle des enfants en récréation (il habitait la maison en face de cette école  reprise bien plus tard par Eugène Coppey.)

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école du Magny
Devant l'école du Magny. Tous les personnage sont identifiés. A gauche, M Drozier (qui tenait le tabac au centre du village) converse avec le maire Jules Décey. Ils sont d'ailleurs devant la maison de ce dernier. A noter la Peugeot Trèfle 5 CV.


Voir ici : Champagney : constructions d'écoles au début du XXème siècle


Les élections de décembre 1919 permettent à l’équipe d’Hippolyte Simonin (1856-1930) de l’emporter. Cette campagne électorale fut chaude et animée. Le nouvel élu étiqueté socialiste (quelques années plus tard SFIO) avait le jeune Henri Roth en face de lui. Les partisans du futur industriel ont été jusqu’à brûler l’effigie du curé Gaillard à proximité du presbytère, ses adversaires ne manquant pas, au cours des réunions, de l’interpeller aux cris de « peaux de lapins ! » en référence à son activité de récupérateur.

On imagine l’ambiance de ces réunions organisées d’abord dans les cafés, puis au préau des écoles (Le 9 octobre 1920 est décidé l’aménagement du préau des écoles en salle de spectacles et de réunions. Des bancs, chaises et tentures seront acquis. Délibérations du conseil municipal), où la franchise des propos et le folklore en faisaient des moments attendus par tous, hommes et femmes. Celles qui ont lieu au préau se prolongent inévitablement au café tout proche (café Kibler‑Marsot). A Champagney, où les candidats sont tous de sensibilité politique voisine, il s’agit plus d’une question de personnes que d’idéologie.

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Cette image se situe entre 1903 et 1907 (on ne voit pas l'école mais de grands arbres à son emplacement et on note la présence des lampes de rue). A noter le bal monté sur la place.

Le nouvel élu de l’après guerre n’est pas un Champagnerot d’origine. Hippolyte Simonin, déjà conseiller municipal d’une cité de la région parisienne, a choisi de vivre sa retraite dans le pays de son épouse, une fille Schlingue expatriée dans sa jeunesse non loin de la capitale. Il a alors soixante-trois ans et demeure, comme son prédécesseur au Magny. Ainsi, il rejoint tous les jours sa mairie à pied. Petit homme, rouge de figure, à la modeste barbiche taillée en pointe, il portait un chapeau melon et aussi une pèlerine noire.

Il aura en charge le dossier du retour de nos jeunes hommes tués entre 1914 et 1918, suivi de l’édification du monument aux morts. Il poursuivra les efforts engagés en vue de l’électrification du village et de l’installation du téléphone. Il obtiendra encore la création du cours complémentaire en 1927. C’est la même année qu’éclate la crise avec le curé Gaillard à propos de l’augmentation du bail du presbytère.

En mai 1925 cette équipe a été reconduite dans ses fonctions jusqu’en mai 1929, date à laquelle un homme beaucoup plus jeune, il a alors trente-sept ans, mais pas inconnu, est élu accompagnés d’hommes nouveaux.

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Henri Roth (1892‑1983) petit homme dynamique, après dix ans de présence à Champagney a fait preuve de ses compétences au niveau professionnel, son entreprise compte localement. Il est de gauche (Il est à noter qu’en février 1930, lorsque la grève des établissements Corbin éclate, la municipalité sollicitée par les grévistes se désolidarise du mouvement invoquant la manipulation de la part de meneurs extérieurs à l’usine à des fins de propagande communiste, tout en manifestant cependant : « … sa sympathie entière aux revendications du personnel ouvrier. » (Délibération du 8 février 1930). Peut‑on en conclure que le maire, alors chef d’entreprise, placé dans une situation inconfortable a réussi à contourner la difficulté ?), mais pour certains il reste un patron, donc suspect. Quoiqu’il en soit, seuls les actes comptent et la petite année de gestion communale que le sort lui accorde (Henri Roth dont l’entreprise est emportée en 1930 par la crise économique, se voit contraint d’abandonner ses fonctions d’élu.) prouve son attachement à Champagney, son désir de progrès et une volonté de traiter en priorité certains dossiers sociaux.

 Roth 5

C’est en effet au cours de ce (premier) mandat que les fournitures scolaires sont offertes à tous les écoliers de Champagney, que les premières démarches en vue de la création d’un cours complémentaire pour les filles sont effectuées, qu’est née la caisse des écoles, que sont organisés des cours ménagers et de sténodactylographie (Il relancera cette idée lors de son retour en 1947), qu’est enfin créée une compagnie de sapeurs-pompiers digne de ce nom. Henri Roth lance encore les travaux d’endiguement des rives du Rahin et il a un projet de séances de cinéma et de déménagement de l’école enfantine très à l’étroite au rez-de-chaussée de la mairie.

 

Les questions scolaires et la jeunesse lui tiennent particulièrement à cœur et on l’imagine très déçu lorsqu’en tant que maire démissionnaire, le cinq avril 1930 il ouvre la première séance du conseil municipal de la nouvelle équipe. Celle-ci est essentiellement composées d’amis, puisque le nouveau maire Marcel Labbaye et le premier adjoint Jules Taiclet, étaient respectivement premier et deuxième adjoint lors du mandat précédent.

La modernisation du village et les efforts en matière d’éducation vont se poursuivre. Mais à partir de cette date, et jusqu’à la guerre, la question du chômage va être comme une épine plantée, avec comme seuls remèdes quelques potions sans grands effets, à savoir : imaginer des travaux épisodiques pour éviter la misère aux chômeurs de la commune.

 
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Voir ici : L'entreprise Roth - histoire

Marcel Labbaye (1891‑1942) a trente‑neuf ans en 1930. Il est le secrétaire de son jeune frère Olympe marchand de vin installé dans la belle maison bourgeoise qui abrita la poste jusqu’en 1996 (Auparavant, cette maison appartenait au notaire Andreux qui l’avait faite construire au siècle dernier. Les deux familles étaient d’ailleurs liées, le père des frères Labbaye ayant épousé une fille Andreux. Les descendants vendront la maison aux PTT dans les années soixante. Un particulier l’a rachetée aux PTT en 1996).

 

Homme grand et mince, imberbe, malade des suites de la guerre, il va être maire durant trois années. Ce sera un mandat pénible car c’est surtout à lui qu’incombera le traitement de la plaie du chômage dans notre commune. Les aides gouvernementales sont loin d’être suffisantes, à tel point que, pour la première fois, le budget en 1932 est déficitaire : un trou de plus de 45 000 francs. Le maire propose alors un emprunt exceptionnel pour couvrir ce déficit. Le conseil rejette cette solution et on décide un important train de suppressions de nouveaux crédits et de réductions de dépenses dans un grand nombre de domaines (on va jusqu’à réduire le traitement des employés communaux). Le total de ces économies se monte à 24 900 francs. Un emprunt au Crédit Foncier est cependant incontournable pour boucher le trou et équilibrer le budget.

Cette assemblée met sur les rails le projet d’extension du groupe scolaire du Centre par la construction d’une école enfantine et maintient la pression en vue de la création d’un cours complémentaire pour les filles.

En 1933, Marcel Labbaye jette l’éponge et c’est son premier adjoint Jules Taiclet qui est élu maire en juillet 1933. Celui‑ci a quarante‑neuf ans à l’époque.

 
Voir ici : La crise économique des années trente à Champagney

Jules Taiclet (1884‑1967) dit « Datou » n’est pas un novice puisqu’il est conseiller municipal depuis 1919 (premier mandat d’Hippolyte Simonin) et sera de toutes les listes élues qui suivront. C’est un record.

Il est né le quinze décembre 1884 dans la ferme de sa mère Louise Moser à la Bouverie. Son père Jules Taiclet, gendarme, fut nommé en Corse ; c’est donc dans un univers de femmes, entouré de sa mère et de ses tantes, qu’il grandit.

Après quelques années passées au collège de Bourges, accueilli par un oncle officier, à l’âge de seize ans il revient au pays natal. Il devient alors mineur aux houillères de Ronchamp en plein développement en ces années-là. En 1900, il débute au puits du Magny, puis travaille de nombreuses années au puits Arthur de Buyer. En 1914, tout comme Marcel Labbaye ou Henri Roth, il est mobilisé et connaîtra, pendant trois années, les champs de batailles de la Somme, de la Marne et de l’Argonne.

L’inévitable silicose, pour un mineur de fond, le contraint en 1927 à mettre un terme à sa carrière de « gueule noire ». Il se consacrera alors à l’élevage dans la ferme familiale et son savoir‑faire en ce domaine lui vaudra de se voir décerner en 1937 le Mérite Agricole.

Le souvenir qui subsiste de Jules Taiclet est celui d’un maire au franc parlé, qui tutoyait tout le monde, du plus humble au plus grand (à l’exception des femmes évidemment). A des témoins étonnés qu’il tutoie l’inspecteur d’Académie, il fait remarquer «  qu’un Inspecteur d’académie, ce n’est qu’un instituteur qui est monté en grade ! ».

 

 

Jules Taiclet  restera maire jusqu’en 1945 étant alors victime du fait d’avoir été le premier magistrat de la commune durant la difficile période de l’Occupation (Voir les articles sur ce sujet) ; mais reviendra aux affaires dès 1947 en tant que premier adjoint et comme maire de 1951 à 1965, soit trois réélections après guerre.

 

Avec ce personnage - car c’en est un, tout comme le curé Gaillard et le curé Jeanblanc - c’est réellement un homme du peuple qui dirige la commune, contrairement aux élus précédents qui étaient tous depuis Jules Décey, plus ou moins des bourgeois de part leur profession ou leur comportement. Politiquement, comment pourrait‑il en être autrement ? Jules Taiclet est « rouge » sans équivoque, plus tard il sera étiqueté SFIO. Il n’a peut‑être pas l’instruction d’autres élus, mais c’est un travailleur qui a du bon sens et, sous un physique carré et bourru, il est d’une grande générosité. Il a encore le sens de la formule. Par exemple : « Les glorieux de Ronchamp ! » est un de ces raccourcis à ne pas interpréter hors du contexte.

En 1944, au plus fort des bombardements, il sera le tout dernier avec les siens, à quitter la Bouverie dévastée, pour se réfugier au Centre.

 

 Le 5 mai 1935, la liste de Jules Taiclet est réélue. Pour la seconde fois il est fait état de la création de commissions municipales : finances, travaux, enseignement, bâtiments communaux et fêtes (Le 14 juin 1925 avaient constituées les commissions: électrification, assistance, travaux, cimetière, bâtiments, fêtes, budget et agriculture).

Avant guerre, ces hommes poursuivent les efforts de leur prédécesseurs en matière d’électrification et dans le domaine scolaire : l’école enfantine est enfin construite et la bibliothèque municipale créée. Mais la crise économique se poursuit et la guerre, inéluctable, arrive. Il s’agira alors de faire front afin de préserver au mieux les intérêts du village et de ses habitants en temps de guerre d’abord (troupes en cantonnement, afflux des réfugiés) puis, face à l’occupant, ce qui ne sera pas une mince affaire.

 

Jules Décey, nous l’avons déjà dit, a connu lui aussi la gestion en temps de guerre avec ses difficultés et ses conséquences. Pour Jules Taiclet, les problèmes sont multipliés à cause de la défaite. S’il perd la mairie en 1945, son retour en 1947 comme premier adjoint sur la liste de Paul Jacquot, puis à nouveau comme premier magistrat en 1951, lui permettra de gérer un autre très lourd dossier, propre à mécontenter le particulier, celui de la reconstruction (voir l’article consacré à ce sujet).

 Voir ici :    1936 à Champagney

La reconstruction du village et des bâtiments communaux, avec tous les problèmes administratifs et techniques que cela suppose, est un des éléments à joindre à son actif. Pour cet élu qui a si souvent obtenu les suffrages de ses concitoyens, et même si cela ne concerne plus la période traitée, nous devons encore citer parmi ses réussites : l’acquisition par la commune, grâce aux dommages de guerre, de 821 hectares de bois fouillies, de friches, de terres à bois et de prés en 1952, (Une première tentative de remembrement de toutes ces parcelles eut lieu en 1930. Des tracasseries administratives la firent échouer. La municipalité regrettait déjà : «  … Le morcellement infini des bois-fouillies, situation extrêmement préjudiciable à l’intérêt général et à la bonne exploitation et mise en valeur de cette richesse du pays causée par ce morcellement … » Délibération du 20 septembre 1930), l’achat en 1957 de terrains à la Bouverie en vue de la construction du collège d’enseignement général puis du terrain de sport, l’acquisition des plans d’eau des Ballastières et la création en 1962 du syndicat mixte de la base de plein air et, en 1964, l’adduction d’eau de Saint‑Antoine qui reste un événement capital.

 
Voir ici : La libération de Champagney - 7 - Reconstruire

Nous avons encore largement évoqué la mémoire de Jules Taiclet et en particulier ses rapports avec le curé Jeanblanc (voir l’article consacré au curé Jeanblanc)  dans les chapitres consacrés à la guerre, à l’Occupation et à la Libération. Pour rendre hommage à cet élu qui aura marqué de son empreinte l’histoire de Champagney, le 15 juillet 1989, une rue (sa rue à la Bouverie) sera baptisée de son nom.

 

 Voir ici : L'abbé Jeanblanc

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Le jour de la Sainte-Barbe 1953 à l'hôtel du commerce. On reconnaît de gauche à droite, Charles Wissler - chef de la compagnie des pompiers - , Jules Taiclet , le commandant Clerc de Vesoul et Gaston Didier. Le receveur des PTT, M Brochot est debout.
  



Autrefois, la municipalité, à côté de tous ses autres pouvoirs ou missions, remplissait le rôle d’un véritable bureau d’aide sociale. L’absence de couverture sociale, d’allocation chômage ou autre r.m.i. était compensée par de nombreuses aides municipales : l’assistance aux vieillards, aux femmes en couches, l’aide médicale gratuite, l’allocation militaire pour les soutiens de famille, l’allocation pour les réservistes et territoriaux devant accomplir une période (ceci au début du XXème siècle), la pension à domicile ... et ceci pour toute la période qui nous occupe. Citons quelques exemples.

 

Ainsi, le 14 juin 1903, le conseil municipal vote la somme de cent francs pour que l’indigent Émile Taiclet puisse aller en cure à Bourbonne les Bains, 42 francs pour le logement de la veuve Kasser indigente, 30 francs à la veuve Millotte pour extrême misère. Le 17 août de la même année, la commune prend en charge les frais de séjour à l’hospice de Neurey de Julien Champagnol. Le quatre octobre cent francs sont destinés aux frais de sépulture des indigents. Le neuf novembre, Jules Voisinet victime d’un incendie et non assuré, bénéficie de 50 francs, à la même séance 600 francs sont destinés à payer les fournitures scolaires aux élèves indigents.

Ce terme d’ «indigent» qui revient alors continuellement, désigne un état que nous ne pouvons connaître réellement et qui peut tromper. Ainsi, à partir de trois enfants scolarisés touchait‑on cette aide destinée à l’achat du matériel scolaire.

Le 30 janvier 1904, la veuve Marie Toillon, dite « malade indigente », obtient 50 francs afin de subir un traitement à Nancy, la veuve de Jules Hozotte obtient, quant à elle, 40 francs, sa fille devant subir une opération des yeux.

 

La mairie répond à toutes les détresses, à tous les coups du sort : le 10 juillet 1904, Jules Voisinet du Ban - qui a perdu une vache - obtient un secours de 25 francs. Un mois plus tard, 2301 francs sont votés pour l’assistance médicale gratuite. Dans ce domaine, il est note que seuls les mineurs étaient suivis régulièrement par les médecins des houillères et que, d’une manière générale, socialement, le monde de la mine était bien en avance.

Le 5 février 1905, 108 francs sont destinés aux pensions des vieillards. Il faut savoir qu’une loi du 14 juillet 1905 rendait l’assistance aux personnes âgées obligatoire, ainsi qu’aux infirmes et aux incurables privés de ressources. En 1906, notre conseil fixe à cinq francs par mois le taux de l’allocation destinée aux personnes concernées par ce texte. Il sera de 45 francs par mois en 1931.

 Le 8 février 1930, Alexandrine Démésy obtient 100 francs pour un bandage herniaire délivré par pharmacie Vendrely. Ce ne sont là que des exemples de cas qui se succèdent tout au long des années. Ils sont très nombreux les trente premières années de notre période, plus rares au cours des années cinquante, mais ils concluent toujours l’ordre du jour du conseil municipal.


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Le 30 septembre 1933, le conseil s’étonne de la progression constante des dépenses de l’assistance médicale gratuite malgré la réduction escomptée par suite de l’application des assurances sociales.

Il y a parfois des secours ponctuels comme ces cent francs votés en octobre 1931 pour le logement des voyageurs et indigents de passage. Quelquefois c’est l’actualité qui provoque le soutien matériel des communes. C’est le cas le 31 décembre 1950, date à laquelle Champagney accorde la somme de 25 000 francs au comité d’entraide aux familles des victimes de la catastrophe du puits de l’Étançon (Le 16 décembre 1950, quatre mineurs périssent noyés surpris par une brutale montée des eaux).

Il existe aussi à Champagney un bureau de bienfaisance qui a un fonctionnement parallèle à l’action municipale décrite et dont la gestion est municipale. En 1927, ce bureau devient le légataire universel de Madame Marie Joray, veuve de Victor Renaud (famille Renaud proprétaire autrefois d’une tannerie Sous‑les‑Chêne). Le bureau de bienfaisance reçoit alors tous les biens meubles et immeubles de la défunte à charge pour lui d’établir dans sa maison un refuge pour accueillir temporairement les malheureux et indigents. Le fonctionnement de ce refuge sera assuré par la vente des autres biens de la succession qui a effectivement lieu le 26 août 1928. Il est encore prévu que les chiens et chats soient soignés, eux aussi « jusqu’à leur mort » dans la maison et que le refuge porte le nom de « Renaud Frères et Sœurs ».

26 000 francs seront dépensés en 1930 pour l’entretien de la maison (Cette maison de ferme était située après le tournant de l’église juste avant la boucherie)  qui fonctionnera comme prévu de 1931 à 1945. Ensuite elle abritera du matériel communal jusqu’en 1988. Le 14 septembre 1988, le centre communal d’action sociale fera don à la commune, pour le franc symbolique, du refuge Renaud. Celle‑ci demandera alors à l’office HLM de Vesoul, après signature d’un bail emphytéotique de cinquante‑cinq ans, d’édifier un immeuble sur le site après démolition de la maison.

 mairie CP5Sur cette carte datée de juin 1908, l'écolier Gaston Andreux annonce sa réussite au certificat d'études. Il a marqué les fenêtres de sa classe. Sur la place un bal ambulant est en cours de montage. A droite, on voit les tonneaux et le hangar en bois du marchand de vin Edouard Mozer dit "Finfin" (tout a disparu ainsi que sa maison), le hangar cache les caves d'Adolphe Helle (actuel musée de la Négritude).


Avant de quitter, provisoirement, la mairie, voyons encore quel était le personnel communal.

En 1901, le garde‑champêtre se nomme Grosjean et le secrétaire de mairie est Eugène Péquigney. Le 20 décembre 1903, Émile Valquevis est nommé cantonnier. La commune ne recrute qu’un seul homme « ... Car il est préférable d’assurer à un seul cantonnier un traitement convenable qui permettre d’exiger de lui un travail continuel. » Il touchera 600 francs pour l’entretien des chemins vicinaux et 200 pour celui des chemins ruraux. Le secrétaire de mairie est alors Eugène Dépoire et le garde‑champêtre Augustin Grisey. En 1905, il y a désormais deux gardes : Jules Martin et Delphin Chagnot. Aux mêmes postes, en 1914, on rencontre Ferdinand Roussiaux et Émile Pautot.

En 1930, Émile Jeanblanc est garde‑champêtre. A partir de cette date et jusqu’à la fin de notre période, le secrétaire de mairie sera Alfred Richard avec un adjoint, Eugène Lamboley. Paul Jacquot est alors appariteur et garde‑champêtre (Paul Jacquot sera élu maire en octobre 1947), il remplacera Eugène Lamboley à partir de 1934, Jules Chagnot et Paul Frahier sont cantonniers. En 1935, le nouveau garde‑champêtre se nomme Sarre.

En 1942, messieurs Richard et Sarre sont toujours là, mais ils sont secondés par Henri Mathieu et Odette Lombard. Paul Angly est employé comme interprète, Léon Graffe et Jean Lemercier sont gardes‑champêtres et Gabrielle Descamps, femme de charge à l’école enfantine (après 1944, à cet emploi on trouvera Émilienne Marsot, puis Madame veuve Coutherut). Georgette Jeanblanc devient auxiliaire à partir de 1945.

A cette époque le fossoyeur est une femme, Madame Simonin et Madame Capraro est porteuse de dépêches.

En 1950, on découvre de nouveaux employés de mairie : M. Graizely, Jeanne Malblanc au secrétariat et comme cantonniers, Georges Champagnol, Eugène Stiquel et Jules Mathey.

La suite de la vie municipale ‑ élections, maires et conseillers, gestion ‑ est développée directement dans les pages consacrées à la guerre, à l’Occupation et aux années de l’Après‑guerre.

 


 

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