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Prisonnier

 

 

La guerre a bouleversé toute l’Europe et la vie de ses habitants. C’est ainsi que Johan Eisenhoffer, familièrement appelé Hans, se retrouve prisonnier à l’Ouest alors qu’il a fait la guerre à l’Est, plus particulièrement en Russie. La défaite, puis la déroute de l’armée allemande l’ont conduit sur les routes et il se trouve au Tyrol autrichien lorsque, deux jours après l’armistice*, il est capturé par des soldats américains.

 

Deux mois plus tard, ce sont les militaires français qui occupent la région. Ils prennent la direction du camp de Schwaz où Hans se trouve alors détenu.

Encore plus tard, tous les prisonniers parqués là sont conduits en France et rassemblés dans un camp immense près de Tuffé, dans le département de la Sarthe.

La vie y est très dure et les prisonniers souffrent de la faim. Aussi, le jour où des volontaires sont demandés pour travailler au déminage du pays, Hans n’hésite pas. Il saisit cette occasion d’échapper à la famine qui emporte un grand nombre de ses camarades.

 

 

La destination de ce convoi est Belfort, dans l’Est de la France où les traces de la guerre sont encore très nombreuses. Là, les Allemands sont à nouveau dispersés et, au mois de septembre 1945, Hans découvre le camp de prisonniers installé à l’entrée de Champagney. Il y trouve des hommes venus de partout, lui-même n’étant jamais venu combattre en France auparavant.

 

 Ce camp est petit. Il est constitué de plusieurs baraques faites de planches et de tôles. Bien sûr, il est entouré d’une clôture de fil de fer barbelé - cette invention sortie d’un cerveau sûrement vicieux - et la porte d’entrée donne sur la route départementale.

 

 

Au début, il n’y a que quelques dizaines de prisonniers, mais l’effectif augmentera au cours des années et on comptera entre 150 et 200 captifs au maximum.

Les vaincus sont surtout des hommes âgés d’environ une quarantaine d’années. Il y a peu de vieux et de jeunes. Hans a 26 ans. Tous sont fatigués de la guerre et ne pensent qu’à une seule chose : rentrer chez eux. Pourtant, ils seront retenus là plusieurs années et le travail qui leur est réservé – débarrasser la campagne environnante des mines que leurs compatriotes y ont enfouies – est très dangereux.

Pour dire la vérité, si les différents types de mines sont nombreux, il y a aussi beaucoup d’engins de mort français, anglais et américains auxquels il faut ajouter tous les obus et toutes les bombes enterrés et non explosés.

Le seul moment de répit et de bien-être est la fin de la semaine que chaque prisonnier espère pouvoir passer chez les villageois. Là, en échange de sa force de travail, il trouvera une nourriture toujours plus riche et abondante que celle distribuée au camp. Plus tard, quelques prisonniers auront la chance d’échapper au déminage en allant travailler à la reconstruction du bourg.

A ce moment, le camp sera même agrandi et d’autres baraques construites de l’autre côté de la clôture. Cela semble étonnant, mais la surveillance était légère. Au début, quelques hommes du village participèrent au gardiennage puis ils furent remplacés par des soldats marocains.

S’il était assez facile de s’échapper, retrouver son pays, puis sa famille était une expédition autrement plus difficile. Les anciens se souviennent de plusieurs évasions mais tous les prisonniers allemands seront retenus en France durant plusieurs années et le temps leur paraîtra à tous, très long.

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 L’armistice : c’est la fin de la guerre, pour la Seconde Guerre mondiale, le 8 mai 1945.


Lire le chapitre 4 : Simon & Hans - chapitre 4

Tag(s) : #Simon & Hans - roman