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Le tsar de Russie Alexandre II et Napoléon III échappent le 6 juin 1867, au bois de Boulogne,  à une tentative d'assassinat. Le tsar est en visite en France, car la France accueille, pour la première fois, une section russe dans une Exposition universelle parisienne. Cette visite a également l'objectif de renouer une alliance entre les deux États. Le coup de feu contre le landau découvert impérial a été tiré par un dénommé Antoni Berezowski, un polonais qui visait Alexandre II. Un placard est aussitôt publié par la préfecture de police : « Personne n'a été atteint. L'assassin a été arrêté immédiatement. »

 On trouve la trace de cet événement dans les délibérations du conseil municipal de Champagney à la date du 11 juin 1867. Le texte d’une lettre adressée à l’empereur y est recopié : « A sa Majesté Napoléon III, Empereur des Français. Le Maire et les Conseillers municipaux de Champagney, Haute-Saône. Sire, La nouvelle de l’odieux attentat dirigé contre un auguste souverain, votre hôte et celui de la France, attentat qui a mis votre vie en danger, a soulevé dans nos campagnes un cri prolongé de stupeur et d’indignation. Grâce à Dieu ! La providence a déjoué les projets de l’assassin et a bien voulu que l’auteur d’une si misérable trahison fut étranger à la France et nous épargne ainsi un excès de honte et de douleur ! Désirant vous exprimer leur hommage, permettez leur donc, Sire, de terminer leur adresse qui s’échappe de leur cœur : Vive l’Empereur et la famille impériale ! Vivent les hôtes augustes de la France et de l’Empereur ! »

Berezowski ne fut pas chanceux avec son pistolet à deux coups. C'est le cheval qui reçut la première balle. Le second canon de l’arme lui éclata dans la main, il fut sérieusement blessé à la main droite, il veut crier « vive la Pologne » ma. Le blessé est alors évacué, échappant de peu à un lynchage par la foule. Il sera seulement condamné à un emprisonnement au bagne de Nouvelle-Calédonie grâce à une brillante plaidoirie de son avocat Emmanuel Arago. Cette clémence entraînera une aggravation des tensions entre la France et la Russie.

Berezowski fera l'objet d'une demande d'amnistie en 1906, mais son état d'aliénation ne permettra pas sa libération, et il mourra en 1916 à l’hôpital du Marais de l’île Nou.

 

 

Les élus de Champagney émus par un attentat contre Napoléon III
Tag(s) : #Histoire locale
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