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Au XVIIIème siècle, c’est l’assemblée des chefs de famille convoqués par l’échevin qui choisissait le maître d’école. Outre l’enseignement des enfants les obligations religieuses étaient nombreuses. Par le contrat passé en 1731 entre la communauté de Champagney et Jean-Claude Poly, celui ci s’engage « … à enseigner pendant six ans la jeunesse de Champagney et à lui donner une bonne éducation, à bien servir M. le curé pour ce qui regarde les offices divine, à répondre toutes les messes tant à basse qu’à haute voix, à chanter les vêpres , à assister le dit sieur curé toutes les fois qu’il sera obligé d’aller administrer les sacrements dans sa paroisse, à sonner l’angélus le matin à midi et le soir, à sonner les cloches contre les injures du temps et orvalles (orages et autres intempéries), à remonter l’horloge soir et matin, à en avoir tout le soin nécessaire et la faire sonner au juste, à faire ou faire faire tous les cierges nécessaires à l’église du lieu en lui fournissant la cire, à allumer la lampe de l’église soir et mâtin et à la faire clairer suivant les statuts du diocèse ... »

Au XIXème siècle les instituteurs sont toujours employés par les communes et il reste bien des éléments touchant le religieux. Ainsi le 20 septembre 1868, 50 francs sont votés pour « la demoiselle Pelletier institutrice centrale pour le blanchissage des linges de l’église et entretien des ornements. » En 1870 les élus trouvent que le traitement de 500 francs du chantre (de chanteur principal dans une église) est trop élevé. Dans une délibération du 15 mai 1870 on apprend que le maire « s’est concerté avec le curé pour que les fonctions de clerc soient confiées à un instituteur adjoint breveté qui aiderait l’instituteur adjoint central actuel à faire la classe dans ses moments libres où il ne serait point occupé à l’église, logerait avec les instituteurs et serait sous la surveillance de l’instituteur central. » Le conseil vote alors la somme de 500 francs à déduire du budget de la fabrique (Structure chargée de l'administration des biens de la communauté paroissiale).

Même après les lois Jules Ferry, le religieux reste présent. Ainsi cette délibération du 11 février 1883 : « le conseil considérant que l’éloignement des hameaux rend très difficiles en hiver les communications avec le centre, surtout pour les petits enfants de huit à douze ans qui sont obligés de venir au catéchisme à l’église paroissiale, demande que l’administration oblige (barré) autorise les vicaires à aller faire le catéchisme le jeudi dans les écoles des hameaux. »

Dans le chapitre de la tolérance, on se souviendra des bons rapports entre Jean Perret directeur de l’école du centre et le curé de Champagney. Cela se passait dans les années 1980. Lorsqu’un enterrement avait lieu un après-midi de classe, Jean Perret laissait quitter la classe à deux élèves qui rejoignaient en courant l’église afin de tenir leur rôle d’enfants de chœur. L’office terminé, ils revenaient à l’école en toute simplicité.

 

 

Les obligations religieuses des maîtres d’école autrefois
Tag(s) : #Histoire locale
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